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Mali : les mille et une casquettes du général de division El Hadj Ag Gamou, nouveau gouverneur de Kidal

En 2021, il avait été démis de ses fonctions d’Inspecteur général des armées et services maliens par Assimi Goïta. Deux ans plus tard, le lion des Imghad qu’une certaine presse internationale essaye de vassaliser, insistant sur un ordre social hiérarchique immuable au sein du peuple Touarégue, revient en grâce. Nommé gouverneur de Kidal par le…

En 2021, il avait été démis de ses fonctions d’Inspecteur général des armées et services maliens par Assimi Goïta. Deux ans plus tard, le lion des Imghad qu’une certaine presse internationale essaye de vassaliser, insistant sur un ordre social hiérarchique immuable au sein du peuple Touarégue, revient en grâce. Nommé gouverneur de Kidal par le président de la transition malienne suite à la victoire de l’armée malienne aidée par les supplétifs de Wagner, le général de division El Hadj Ag Gamou arrive dans une ville où le drapeau malien est le seul à flotter.

« Aujourd’hui les Maliens doivent se réunir autour du Général Gamou auquel la confiance a été placée pour lui dire que tous les Maliens le regardent. Sa réussite est la réussite du Mali, il va rentrer dans l’histoire. Il faut donc que Kidal soit une réussite, mais il y a des choses qu’on n’acceptera plus au Mali », déclare l e premier ministre malien, Dr. Choguel Kokalla Maïga, insistant sur l’assistance des populations de Kidal. « L’Etat va faire de grands efforts pour que ces populations sentent qu’elles sont chez elles. Il faut que les Maliens se mobilisent autour du Général Gamou », a déclaré le premier ministre, le 23 novembre au centre international de conférences de Bamako.

Ce haut gradé a eu à jouer des rôles parfois contradictoires dans les différentes rebellions maliennes depuis les années 90. né en 1964 à Tidermène, ce colosse taciturne a commencé sa carrière militaire dans la légion verte de l’armée libyenne en 1980, alors foyer d’intégration pour les jeunes du Nord Mali. Comme la plupart des siens, il rejoint les rebelles de l’Armée révolutionnaire de libération de l’Azawad (ARLA) lors de la rébellion touarègue des années 90.

Après les accords de paix de 1996, il intègre les forces armées maliennes à la faveur du pacte national et est formé à l’école militaire de Koulikoro​​. Depuis, l’ascension militaire et politique du Général s’est poursuivie au Mali et ailleurs. Le général Ag Gamou a joué un rôle clé dans plusieurs conflits, notamment la guerre civile sierra-léonaise en 1999 en tant que casque bleu, et la rébellion de 2012 au Mali, où il commandait la garnison de Kidal. Il a également été un homme de confiance du président Amadou Toumani Touré, promouvant l’inclusion des Arabes et des Touaregs à des postes clés dans le Nord​​​​​​. Quand la rébellion commence en 2012, il tentera en vain de renverser la situation avant d’être mis en déroute un mois plus tard (avril 2012). Pour sauver la vie de ses 500 hommes, il feint d’abord de rejoindre les insurgés avant de se réfugier au Niger avec sa troupe. Après un exil de dix mois, il revient participer à la sécurisation de Gao aux côtés des forces françaises. « Moi je suis malien, républicain et je suis fier d’être malien. Je suis fier d’être un militaire malien et les autres disent qu’ils sont pour un autre pays qu’on appelle l’Azawad, que moi je ne reconnais pas », explique-t-il.

En reconnaissance de ses services, Ag Gamou a été fait Officier de l’Ordre national du Mali en 2013 et promu général de brigade la même année. Sous Ibrahim Boubacar Keita, c’est lui qui est derrière le Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia), qui a aidé à repousser les rebelles.

Loyaliste, il a rongé son frein quand il a été limogé en 2021 de son poste d’Inspecteur r général des armées et services maliens. La dynamique politico)ethnique lui est désormais favorable. Le nouveau gouverneur de la région de Kidal​​​​, nomination officielle depuis le 22 novembre, doit maintenant user de son influence pour convaincre les derniers combattants, les irrédentistes, à déposer les armes et à rejoindre la table du dialogue pour un nouveau « Accord d’Alger » plus endogène et qui ne soit pas la porte ouverte à la partition. A lui de convaincre ou de vaincre les séparatistes du Cadre stratégique permanent (CSP) dont certains ont fui avec les islamistes et les terroristes.

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