Vendredi 18 septembre 2026

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L’Ukraine envahie, le pétrole à 100 dollars, le blé au zenith et le pain prend  l’ascenseur 

Le cours international du blé  a augmenté de 12 % en trois semaines, propulsé vers des sommets par le conflit Russo-ukrainien, l’explosion de la demande chinoise sur les quatre principales céréales (blé, maïs, orge, sorgho), le pétrole qui atteint désormais 100 dollars, une première depuis 2014, les répercussions de la Covid-19 sur les chaînes logistiques et, last…

Le cours international du blé  a augmenté de 12 % en trois semaines, propulsé vers des sommets par le conflit Russo-ukrainien, l’explosion de la demande chinoise sur les quatre principales céréales (blé, maïs, orge, sorgho), le pétrole qui atteint désormais 100 dollars, une première depuis 2014, les répercussions de la Covid-19 sur les chaînes logistiques et, last but not least s’agissant de l’Afrique, la hausse du coût du fret maritime.

Aussi, ce conflit russo-ukrainien qui oppose deux parties représentant 29% de des exportations mondiales de blé est à 

surveiller de prés par les États africains qui savent que  l’inflation importée peut être la mère de toutes les crises sociales. 

 Quand on sait que la révolution française de 1789 est causée plus par la pénurie et cet aliment à base de farine que par les universalistes philosophes de la Lumière et que, tout récemment, la hausse vertigineuse de la baguette coûta son fauteuil à Omar el-Bechir du Soudan, l’on mesure toute l’importance du boulanger dans la paix sociale.

Justement les États africains ont engagé des négociations avec les producteurs en tentant de ménager la chèvre et le chou. Un exercice d’équilibriste s’il en est.

En Côte d’Ivoire, la hausse du prix de la baguette  devrait passer de 150 à 350 FCFA, la Fédération des boulangers se heurtant aux réserves de la Fédération ivoirienne des petites et moyennes entreprises de Côte d’Ivoire (FIPME). 

« Si on doit augmenter le prix du pain », «il devrait passer au minimum à 300 FCFA la baguette », affirmait  récemment Adama Bakayoko, président de la coordination d’Abobo-Anyama du Haut patronat de la boulangerie dans une interview accordée au journal Générations Nouvelles.

Au Gabon, la ministre  de l’Economie et de la Relance, Nicole Janine Lydie Roboty s’est opposée à la vente  du prix de la baguette  à 150 FCFA, en se cramponnant sur le pris de gros fixé à 125 Franc CFA. Une position de principe non accompagnée de compensations claires et qui constitue une solution à court terme vu la pénurie de farine  qui caractérise actuellement le marché intérieur gabonais. Pendant ce temps, le sac de farine de 50 kg est passé de 16 000 à 19 000 francs CFA.

Au Cameroun, alors que le prix officiel de la baguette de pain est maintenu à 125 Franc CFA (en réalité il est vendu entre 150 et 200 Franc CFA) , le ministère du Commerce cherche des alternatives à la Russie, son principal fournisseur du blé pour se tourner vers la Turquie. La société turque Dharma proposerait de fournir 600 000 tonnes de blé par an. Des concertations sont en cours entre le ministère du Commerce,  le Groupement des industries meunières du Cameroun et le Syndicat national des boulangers du Cameroun.

Au Niger, le syndicat des boulangers a fait sortir récemment une note fixant le prix de la baguette au guichet à 200F CFA et à la livraison à 225 FCFA. La tension sur cette denrée est alimentée par l’augmentation de la tonne de farine vendue à 550 000 tonnes.

Au Maroc, les autorités ont démenti toute hausse rappelant que la baguette de pain est a 1,2 dirhams l’unité.

Au Sénégal, la baguette de pain coûte depuis décembre  plus cher dans la région de Dakar. Elle passe de 150 à 175 francs CFA, l’équivalent de 23 à 27 centimes d’euros. Un prix fixé par le ministère du Commerce, après une rencontre avec les professionnels de la boulangerie, qui se disent satisfaits. L’État avait auparavant suspendu les droits de douane sur le blé et la TVA sur la farine.

Pendant qu’en Afrique la baguette de pain  prend l’ascenseur, en France elle repasse à la baisse dans une célèbre enseigne de la grande distribution, qui propose la baguette magique à 29 centimes, soit 10 centimes moins cher que la concurrence. Effet de marketing ? Sans doute.. 

En tout cas, cette tension sur le pain met en lumière la fragilité des États face aux fluctuations internationales des cours des denrées de base. Supprimer la TVA et les taxes sur ces produits est une mesure limitée vu que la housse porte plus sur la matière première à l’export et sur le fret, autant d’éléments qui échappent à nos États africains. Et si on essayait de consommer ce que nous produisons ? Vaste débat.

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