L’Éthiopie prévoit d’ouvrir son marché de l’or aux banques privées et de supprimer progressivement la prime versée aux mineurs artisanaux, a indiqué le Fonds monétaire international (FMI) dans sa quatrième revue de la Facilité de crédit étendue, publiée le 30 janvier 2026.
Selon le fonds, ces réformes marquent un tournant majeur, mettant fin au rôle prépondérant de la Banque centrale d’Éthiopie (NBE) dans le commerce de l’or, après une flambée exceptionnelle des exportations officielles. Ces mesures visent à limiter les risques financiers et à corriger les distorsions de prix créées par l’implication directe de la banque centrale sur le marché.
Les exportations officielles d’or ont atteint près de 39 tonnes en 2024-2025, contre un peu plus de quatre tonnes l’année précédente, soutenues par des prix internationaux records et l’intégration de ventes auparavant informelles dans les statistiques. Cette hausse a contribué à réduire le déficit du compte courant à 1,1 % du PIB, contre 2,9 % un an plus tôt.
La NBE a toutefois enregistré 57 milliards de birr (364 millions USD) de pertes liées aux ventes d’or et à la déduction des stocks. Le FMI souligne que les primes supérieures au marché et le monopole des achats déformaient les signaux de prix et compliquaient la gestion des réserves.
Dans le cadre de la réforme, les banques privées pourront acheter directement l’or aux mineurs, tandis que la NBE renforcera le contrôle qualité et préparera sa sortie progressive du marché d’ici fin 2026. Une feuille de route détaillée est attendue fin mars.
Selon le FMI, la normalisation des prix et l’élargissement de la participation privée devraient maintenir les gains à l’exportation tout en réduisant la volatilité et l’exposition de la banque centrale.



