Les principales banques nigérianes cotées ont réalisé plus de la moitié de leurs bénéfices avant impôts à partir de leurs activités à l’étranger en 2025, ce qui confirme le poids croissant de leurs réseaux africains et internationaux dans les résultats du secteur.
Les cinq groupes bancaires First HoldCo, United Bank for Africa (UBA), Guaranty Trust Holding Company (GTCO/GTBank), Access Holdings et Zenith Bank ont enregistré au total 1 949 milliards de nairas (1,43 milliard de dollars) de bénéfices avant impôts provenant de leurs filiales étrangères, soit 54,8 % de leur résultat consolidé de 3 560 milliards de nairas (2,6 milliards de dollars), selon des données compilées à partir de leurs résultats annuels.
UBA a enregistré 671,1 milliards de nairas (494 millions de dollars) de bénéfices avant impôts issus de ses activités hors du Nigeria, soit 92 % de son résultat avant impôts. Access Holdings a généré 571,3 milliards de nairas (420 millions de dollars), soit 56,7 % de son résultat. GTCO a enregistré 375,3 milliards de nairas (276 millions de dollars), représentant 43,4 % de son bénéfice avant impôts. Zenith Bank a, pour sa part, tiré 331,8 milliards de nairas (244 millions de dollars) de ses filiales étrangères, soit 26,3 % de son bénéfice.
Des résultats davantage portés par l’international
La progression de la contribution des activités offshore intervient dans un contexte de pression sur les résultats domestiques, en baisse de 11 % en moyenne, sous l’effet de dépréciations élevées, du recul des gains de change et de la hausse des coûts opérationnels.
Chez UBA et Zenith Bank, les provisions pour pertes de crédit ont représenté une part importante des impairments du secteur, ce qui traduit une dégradation du portefeuille de prêts sur le marché domestique.
Les performances demeurent toutefois contrastées selon les groupes. Chez GTCO, les filiales du Ghana et de Côte d’Ivoire figurent parmi les principaux relais de croissance. Access Holdings a, de son côté, continué de bénéficier de la contribution de sa filiale britannique, qui a représenté à elle seule plus de la moitié des profits offshore du groupe.
La progression de la part des revenus étrangers reflète à la fois la dépréciation du naira et la stratégie de diversification engagée par les groupes bancaires vers des marchés jugés plus stables sur le plan macroéconomique, en Afrique comme en Europe.
Cette évolution intervient alors que les autorités de régulation nigérianes envisagent de renforcer l’autonomie des filiales bancaires, une réforme qui pourrait accroître les coûts opérationnels et réduire les synergies entre les maisons mères et leurs filiales.



