Reporters sans frontières (RSF) a dévoilé ce jeudi 6 juin à Dakar son nouveau rapport, « Le journalisme sénégalais à la croisée des chemins », qui dresse un bilan détaillé de l’atteinte aux droits des journalistes dans le pays.
Le rapport note qu’en trois ans, de 2021 à 2024, plus de 60 journalistes ont été « arrêtés, agressés, interpellés ou détenus », soulevant l’impérative question de la liberté de la presse et de la sécurité des journalistes, notamment face à la polarisation, les ingérences politiques et la désinformation qui se sont accentuées.
Dans son etude, RSF deplore une période de crise politique particulièrement « éprouvante » pour les journalistes au Sénégal, avec des conditions d’exercices qui se sont progressivement dégradées au fil des années. Une situation qui a fini de faire perdre au pays sa 49e place dans le Classement mondial de la liberté de la presse de RSF, pour être relégué à la 94e.
« Après trois années de chute libre, il est grand temps que le Sénégal reparte de l’avant en matière de liberté de la presse. L’arrivée du président Bassirou Diomaye Faye, qui avait promis notamment de supprimer les peines d’emprisonnement pour les infractions de presse et de protéger le travail des journalistes, est une opportunité pour mener des réformes de fond pour garantir le droit à l’information au Sénégal. », a déclaré Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF.
Selon l’association de défense des droits des journalistes, l’enjeu pour les nouvelles autorités est de garantir aux professionnels des médias le droit d’informer et cela passe nécessairement par la protection des journalistes, le pluralisme des médias, et la lutte contre la désinformation.
« RSF a ainsi formulé une trentaine de recommandations aux nouvelles autorités et aux acteurs du paysage médiatique sénégalais pour que le pays redevienne un modèle dans la sous-région », a ajouté Sadibou Marong.
L’événement a également permis aux organisateurs d’annoncer l’obtention de la certification Journalism Trust Initiative (JTI) initié par RSF, par les medias Financial Afrik et PressAfrik.



