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Le Royaume-Uni retire 1,15 milliard USD du plus grand projet gazier d’Afrique qu’il fait vaciller

Le retrait par le Royaume-Uni d’un financement de 1,15 milliard de dollars du projet gazier Mozambique LNG, opéré via UK Export Finance, marque un tournant stratégique aux lourdes implications économiques, énergétiques et géopolitiques pour l’Afrique australe. Londres justifie sa décision par la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans la province de Cabo Delgado. Porté…

Le projet Mozambique LNG, dirigé par TotalEnergies (26,5 %), avance aux côtés de Mitsui (20 %), ENH (15 %), Bharat Petroleum (10 %), Oil India (10 %), ONGC Videsh (10 %) et PTTEP (8,5 %). © DR

Le retrait par le Royaume-Uni d’un financement de 1,15 milliard de dollars du projet gazier Mozambique LNG, opéré via UK Export Finance, marque un tournant stratégique aux lourdes implications économiques, énergétiques et géopolitiques pour l’Afrique australe. Londres justifie sa décision par la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans la province de Cabo Delgado.

Porté par le groupe français TotalEnergies, ce projet de 14,9 milliards de dollars était considéré comme l’un des investissements privés les plus structurants du continent. Suspendu depuis 2021 après une attaque majeure à Palma, il faisait l’objet d’efforts de relance, notamment grâce à un soutien historique de l’Exim Bank américaine validé en mars. Son PDG, Patrick Pouyanné, voyait dans ce financement un signal fort de redémarrage.

Alerte

Le désengagement britannique intervient cependant dans un contexte de surcoûts évalués à 4,5 milliards de dollars, de tensions sécuritaires persistantes et d’allégations d’exactions autour du site. Autant de facteurs qui pèsent lourdement sur la perception du risque pays par les marchés.

Dans une réaction ferme, la Chambre africaine de l’énergie a dénoncé une décision compromettant la souveraineté énergétique du continent. Son président exécutif, NJ Ayuk, y voit un signal d’alerte : l’Afrique ne peut plus fonder son avenir énergétique sur des financements extérieurs fragiles et conditionnels.

Impact

Au-delà de l’enjeu financier, l’impact socio-économique reste majeur. Avec une capacité de 13 millions de tonnes de GNL par an, le projet devait générer plus de 10 000 emplois directs et renforcer durablement les recettes publiques, déjà en hausse de plus de 20 % selon les acteurs du secteur.

Ce retrait pose désormais une question centrale aux investisseurs et partenaires internationaux : comment concilier sécurité, rendement et stabilité politique dans les grands projets structurants africains ? Pour le Mozambique comme pour l’Afrique, l’enjeu dépasse le seul GNL : il s’agit de crédibiliser un modèle de développement fondé sur l’énergie, l’industrialisation et la souveraineté économique.

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