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Le retrait imminent des financements climatiques de la Banque mondiale menace l’équilibre du Bassin du Congo

Officiellement, la Banque mondiale ne renonce pas à ses financements climatiques. Mais l’expiration, à la fin du mois de juin 2026, de son Plan d’action sur le changement climatique (CCAP) ouvre une phase d’incertitude stratégique lourde de conséquences pour les pays du bassin du Congo. Au cœur des débats figure l’objectif, en vigueur depuis 2021,…

Une vue aérienne du Bassin du Congo

Officiellement, la Banque mondiale ne renonce pas à ses financements climatiques. Mais l’expiration, à la fin du mois de juin 2026, de son Plan d’action sur le changement climatique (CCAP) ouvre une phase d’incertitude stratégique lourde de conséquences pour les pays du bassin du Congo. Au cœur des débats figure l’objectif, en vigueur depuis 2021, de consacrer 45% des prêts de l’institution à des projets liés au climat. Cet engagement garantissait un alignement avec l’Accord de Paris et limitait les financements directs aux énergies fossiles, notamment le gaz.

Or, cet objectif est aujourd’hui fragilisé par la pression exercée par le principal actionnaire de la Banque mondiale, les États-Unis. En effet, via son secrétaire au Trésor, Scott Bessent, ce pays plaide pour « un recentrage sur la sécurité énergétique et un retour possible aux hydrocarbures ».

Pour les pays du bassin du Congo (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et République démocratique du Congo (RDC)), cette inflexion potentielle représente un risque majeur. La région concentre la deuxième plus grande forêt tropicale du monde et constitue l’un des principaux puits de carbone de la planète. Depuis une décennie, les financements climatiques de la Banque mondiale y ont soutenu la conservation forestière, la lutte contre la déforestation, l’agroforesterie et des alternatives économiques pour les communautés locales.

Un affaiblissement de l’objectif des 45% aurait d’abord un impact financier. De nombreux projets forestiers et climatiques reposent sur l’effet catalyseur de la Banque mondiale pour mobiliser d’autres bailleurs et investisseurs privés. Sans ce signal fort, les flux concessionnels pourraient se tarir, mettant en péril des programmes essentiels dans les pays du Bassin du Congo.

L’enjeu est aussi budgétaire et économique. En effet, faute de financements climatiques stables, les États pourraient être tentés de privilégier des activités extractives à court terme (exploitation forestière intensive, mines ou projets gaziers) pour compenser le manque de ressources. Un arbitrage qui fragiliserait la durabilité économique de la région et accentuerait sa dépendance aux cycles des matières premières.

Sur le plan social, les conséquences seraient directes. Les programmes soutenus par la Banque mondiale visent à sécuriser les revenus ruraux et à réduire la pauvreté dans des zones sensibles. Leur remise en cause accroîtrait la vulnérabilité des populations forestières et les tensions autour de l’accès aux ressources.

Face à cette perspective, la mobilisation d’Organisations non gouvernementales (ONG) internationales et africaines illustre l’enjeu global. Pour le bassin du Congo, le débat autour du CCAP dépasse une simple cible chiffrée ; il engage l’avenir économique d’un territoire clé pour l’équilibre climatique mondial.

Financial Afrik Premium