Le produit intérieur brut (PIB) pétrolier du Nigeria a progressé de 5,84 % au troisième trimestre 2025, soutenu par une hausse de la production qui a atteint son niveau le plus élevé en onze mois. Cette amélioration, annoncée ce lundi 1er décembre par les services officiels, intervient alors que le pays tente d’enrayer plusieurs années de déclin lié à la dégradation des infrastructures.
Bien que cette croissance soit inférieure à la forte expansion de 20,46 % enregistrée au trimestre précédent, elle a contribué à une augmentation globale de 3,98 % du PIB national sur un an, selon les données du Bureau national des statistiques (NBS). L’économie avait progressé de 3,86 % sur la même période de l’année précédente.
La production totale de pétrole brut s’est élevée en moyenne à 1,64 million de barils par jour, soit une hausse de 11,6 % par rapport aux 1,47 million de barils observés au troisième trimestre 2024. Toutefois, ce niveau demeure légèrement inférieur aux 1,68 million de barils par jour enregistrés au trimestre précédent, illustrant les difficultés persistantes du pays à maintenir une dynamique de production stable. Le NBS précise que la contribution du secteur pétrolier au PIB réel s’est modérément renforcée, passant de 3,38 % à 3,44 %, tandis que les activités non pétrolières ont représenté 96,56 % de la production totale, avec une croissance de 3,91 % sur la période.
Cette amélioration de la performance pétrolière intervient dans un contexte où le président Bola Tinubu s’emploie à restaurer le rôle du Nigeria en tant que fournisseur majeur sur le marché mondial du pétrole. Malgré un objectif gouvernemental fixé à 3 millions de barils par jour, les analystes jugent cette ambition difficilement réalisable, en raison de contraintes structurelles persistantes, notamment le vandalisme des oléoducs, les vols et un sous-investissement prolongé. Le secteur continue par ailleurs de souffrir de la vétusté de ses infrastructures, illustrée par le cas de la raffinerie de Port Harcourt, mise à l’arrêt pour maintenance en mai 2025 après une réhabilitation ayant coûté 1,5 milliard de dollars.
Le secteur non pétrolier demeure le principal moteur de l’économie nigériane. L’agriculture, en particulier, a enregistré sa plus forte croissance trimestrielle depuis plus d’un an, à 3,79 %, contre 2,55 % au troisième trimestre 2024. Cette dynamique confirme la dépendance structurelle du pays aux secteurs non pétroliers, tandis que la branche pétrolière, malgré les récents progrès, peine encore à retrouver sa capacité de production optimale.



