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Le pétrole flambe à 115 dollars alors que s’ouvre la réunion du G7

Une flambée de 70 % en dix jours Le scénario d’une guerre éclair semble avoir échoué sous les coups de boutoir d’un régime iranien que l’on disait à l’agonie. Au dixième jour du conflit déclenché par les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, alors que s’ouvre la réunion du G7, le constat est clair : le plan…

Une flambée de 70 % en dix jours

Le scénario d’une guerre éclair semble avoir échoué sous les coups de boutoir d’un régime iranien que l’on disait à l’agonie. Au dixième jour du conflit déclenché par les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, alors que s’ouvre la réunion du G7, le constat est clair : le plan A du tandem Netanyahu-Trump n’a pas produit les résultats escomptés.

Désormais, il ne reste plus qu’à se livrer à l’arithmétique macabre des morts civils — parmi lesquels de nombreux enfants — et des infrastructures détruites. Au-delà des rhétoriques propagandistes, un fait s’impose : cette guerre, largement contestée au regard du droit international, a provoqué une flambée sans précédent des prix du pétrole.

La fermeture du détroit d’Ormuz a fait bondir le pétrole américain WTI de près de 30 %, dépassant les 115 dollars ce lundi. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, s’échangeait quant à lui à 118,22 dollars, en hausse de 27,54 %. Depuis le début de l’offensive américano-israélienne, le WTI s’est apprécié de près de 70 %, du jamais-vu sur une période aussi courte.

Plus inquiétant encore, les analystes redoutent désormais une contraction significative de l’offre mondiale. Les frappes ont endommagé plusieurs installations pétro-gazières ainsi que des infrastructures stratégiques, notamment des usines de dessalement indispensables à l’industrie énergétique régionale.

Dans ce contexte, plusieurs producteurs du Golfe commencent à ajuster leur production. Les Émirats arabes unis, le Koweït et l’Irak ont déjà annoncé des réductions de volumes. Bagdad évoque à lui seul une baisse pouvant atteindre 3 millions de barils par jour.

Cette crise énergétique pourrait rapidement se transformer en choc macroéconomique mondial. Les économies asiatiques, fortement dépendantes du détroit d’Ormuz pour leurs approvisionnements énergétiques, apparaissent particulièrement vulnérables, tout comme l’Europe, les États-Unis et l’Afrique.

Vendredi, l’Agence américaine de financement du développement (DFC) a annoncé la mise en place d’un mécanisme de réassurance destiné à couvrir les risques liés au passage par le détroit d’Ormuz, pour un montant pouvant atteindre 20 milliards de dollars.

Les marchés sous tension

Dans la foulée de l’envolée spectaculaire des prix du pétrole, les Bourses asiatiques ont fortement décroché. Vers 02h30 GMT à Tokyo, l’indice Nikkei chutait de 6,97 % à 51 740 points. À Séoul, le Kospi reculait de 6,61 %, tandis que Taipei perdait 5,70 %, Sydney 3,67 % et Hong Kong 2,87 %.

« Une hausse significative et durable des prix du pétrole mettrait à rude épreuve les régions importatrices d’énergie, notamment l’Europe et l’Asie », préviennent les analystes de Moody’s. Une telle situation entraînerait « une augmentation des prix à la consommation et des coûts de production à l’échelle mondiale, érodant le pouvoir d’achat et pesant sur l’investissement ».

L’inflation pourrait par ailleurs contraindre les banques centrales à maintenir, voire relever, leurs taux d’intérêt.

L’Asie apparaît particulièrement exposée. La Corée du Sud est le quatrième importateur mondial de brut et son économie repose sur une industrie technologique très énergivore. Le Japon, cinquième importateur de pétrole et deuxième importateur mondial de GNL, dépend lui aussi fortement des flux énergétiques transitant par le Golfe.

« Le Japon et la Corée sont des moteurs industriels géants qui fonctionnent au pétrole importé. Lorsque le prix du brut flambe, les coûts des intrants explosent, les anticipations d’inflation grimpent et les estimations de bénéfices sont revues à la baisse », analyse Stephen Innes, de SPI Asset Management.

Sur le marché des changes, le dollar — valeur refuge et monnaie de facturation du pétrole — progressait de 0,57 % face au yen, à 158,69 yens. Fait plus surprenant, l’or reculait de 1,43 % à 5 097 dollars l’once.

« Cela peut sembler paradoxal dans un contexte de tensions géopolitiques extrêmes. En réalité, c’est un phénomène classique de liquidation : lorsque les marchés paniquent, les investisseurs vendent ce qu’ils peuvent, et l’or est l’un des actifs les plus liquides au monde », explique Stephen Innes.

Le G7 ouvre la boîte des réserves stratégiques

Face à l’escalade des prix de l’énergie, les ministres des Finances du G7 doivent se réunir ce lundi pour examiner la possibilité d’un recours aux réserves stratégiques de pétrole.

La réunion virtuelle, prévue à 13h30 et présidée par le ministre français de l’Économie Roland Lescure, pourrait déboucher sur une libération coordonnée de stocks d’urgence estimés entre 300 et 400 millions de barils.

Selon le Financial Times, l’Agence internationale de l’énergie devrait également participer aux discussions.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le président américain Donald Trump a affirmé que les prix « chuteraient rapidement lorsque la destruction de la menace nucléaire iranienne serait achevée », ajoutant qu’un pétrole plus cher constituait « un très petit prix à payer pour la sécurité et la paix des États-Unis et du monde ».

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