La Banque centrale du Nigeria (CBN) a annoncé un plan visant à réduire fortement le volume de liquidités détenues en dehors du système bancaire, avec l’objectif de réintégrer l’équivalent de 2.830 milliards de nairas (1,8 milliard USD) dans les circuits financiers formels d’ici 2028.
Cette initiative s’inscrit dans la nouvelle stratégie de paiement « Vision 2028 », dévoilée lundi 1er juin par le gouverneur de la CBN, Olayemi Cardoso, alors que la première économie d’Afrique cherche à accélérer la digitalisation des paiements et à élargir l’accès aux services financiers.
Selon les dernières statistiques de la banque centrale, les espèces détenues hors du système bancaire ont atteint 5.080 milliards de nairas (3,7 milliards USD) en avril 2026, soit plus de 90 % de la monnaie en circulation. La CBN vise à ramener cette proportion à moins de 40 % d’ici 2028.
Pour les autorités monétaires, une telle évolution permettrait d’améliorer la transmission de la politique monétaire, d’accroître les ressources du secteur bancaire et de renforcer la traçabilité des flux financiers dans une économie encore largement dominée par les paiements en espèces.
L’annonce intervient à moins d’un an des élections générales prévues début 2027, dans un contexte où la banque centrale a récemment mis en garde contre les risques inflationnistes liés à l’augmentation des dépenses politiques et électorales.
Parallèlement, la CBN ambitionne de porter le taux d’inclusion financière à 95 % d’ici 2028, contre un niveau actuellement estimé autour de 74 %, ce qui permettrait à environ 50 millions de Nigérians supplémentaires d’accéder à un compte bancaire ou à un portefeuille numérique.



