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Le Nigéria à l’école classique de Milton Friedman pour contenir l’inflation

Secoué de plein fouet par l’inflation, qui commence à atteindre des proportions inquiétantes, le Nigéria est en quête de solution pour remédier à ce fléau. Dans cette optique, les autorités ont décidé de s’en remettre au courant monétariste théorisé par Milton Friedman pour stopper la hausse généralisée des prix. Ainsi, le gouvernement a décidé de…

Secoué de plein fouet par l’inflation, qui commence à atteindre des proportions inquiétantes, le Nigéria est en quête de solution pour remédier à ce fléau. Dans cette optique, les autorités ont décidé de s’en remettre au courant monétariste théorisé par Milton Friedman pour stopper la hausse généralisée des prix.

Ainsi, le gouvernement a décidé de limiter la quantité de monnaie en circulation dans le pays pour contenir l’inflation. Dans ce sillage, une nouvelle mesure qui limite le retrait d’argent liquide est entrée en vigueur depuis ce lundi 9 janvier.

Désormais, les Nigérians ne peuvent, en effet, retirer que 20000 nairas par jour (42 euros), dans une limite de 500000 nairas par semaine (environ 1050 euros).Concernant les entreprises, elles peuvent retirer jusqu’à 5 millions de nairas par semaine.

Selon les autorités, cette mesure vise essentiellement à contrôler la masse monétaire en circulation et donc l’inflation. Elle permet également de contrôler les flux financiers illicites, de moderniser le système de paiement comme les transferts numériques d’argent, le mobile money ou encore le e-naira , destiné aux entreprises et aux commerces.

Cette décision entre en droite ligne avec la théorie monétariste qui privilégie l’évolution de la quantité de monnaie dans l’explication des crises économiques.

Milton Friedman et ses disciples de l’école de Chicago pensent que l’évolution de la quantité de monnaie en circulation doit être modérée. Si la création monétaire est excessive, soutiennent-ils, elle provoque l’inflation. Si par conte, si elle est insuffisante, elle provoque la récession (exemple de la grande crise de 1929).

Le chef de file du courant monétariste a théorisé que pour éviter les crises, il faudrait une politique de régulation de la quantité de monnaie en circulation.

Pour lui, il faut une politique monétaire et non une politique budgétaire comme le préconisaient les keynésiens. Les monétaristes estiment que la politique budgétaire est néfaste, car elle génère l’inflation.

Une décision qui divise les économistes nigérians

Si certains économistes approuvent la décision du gouvernement, d’autres par contre émettent des réserves.

Pour Dr Muda Yusufle, fondateur/PDG du Centre pour la promotion de l’entreprise privée (CPPE), cette mesure se révèle inefficace car elle affectera la vitesse de transaction de l’économie nigériane dominée par le secteur informel.

Le responsable a soutenu que l’espace de distribution de l’économie représente environ 16% du PIB, soit plus de 20 000 milliards de nairas, et pourrait être perturbé en raison de la politique sans numéraire.

Pour leur part, d’autres économistes soutiennent que ce ciblage de la masse de billets en circulation ne va rien changer car elle ne représente que 6% de la masse monétaire totale. Selon les dernières estimations, la masse monétaire au Nigeria était d’environ 50000 milliards de nairas avec une composante en espèces de la masse monétaire de 3300 milliards de nairas.

Ils estiment que pour diminuer l’inflation, l’Etat devrait plutôt essayer de rembourser sa dette auprès de la banque centrale chiffrée à environ 22000 milliards de nairas.

Comme la plupart des pays dans le monde, la première économie d’Afrique, est touchée par le phénomène de l’inflation, accentuée par la crise sanitaire du coronavirus et la guerre en Ukraine.

Le pays le plus peuplé d’Afrique est également confronté à une dépréciation chronique de sa monnaie le Naira face au dollar, qui augmente drastiquement les coûts de production pour les entreprises.

D’ailleurs, les autorités avertissent que l’inflation devrait rester à deux chiffres cette année avec en moyenne 17,2 %.

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