Face au blocus jihadiste qui asphyxie l’économie malienne depuis plusieurs semaines, le Niger a livré 82 citernes d’hydrocarbures à Bamako, dans le cadre leur coopération sécuritaire et stratégique au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Ce convoi, escorté sur près de 1 400 kilomètres par les forces unifiées de l’AES, constitue la première…
Publié le 25 novembre 2025 · 2 min de lecture
Le Nigérien Abdourahmane Tiani et son homologue malien Assimi Goïta, en septembre dernier à Bamako. ©DR
Face au blocus jihadiste qui asphyxie l’économie malienne depuis plusieurs semaines, le Niger a livré 82 citernes d’hydrocarbures à Bamako, dans le cadre leur coopération sécuritaire et stratégique au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Ce convoi, escorté sur près de 1 400 kilomètres par les forces unifiées de l’AES, constitue la première réponse opérationnelle régionale à l’embargo imposé par le Jnim, groupe affilié à al-Qaïda, dont l’objectif est de paralyser les activités socioéconomiques du pays.
À Bamako, la réception officielle a pris une dimension hautement politique. Le ministre malien de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a salué un « geste fraternel » essentiel pour soulager une population frappée par une pénurie inédite. Il a rendu hommage au « courage » des chauffeurs de citernes qui ont traversé une zone à risques, démontrant la détermination de l’AES à sécuriser ses corridors économiques.
Pour Niamey, cette opération est un acte de solidarité stratégique. L’ambassadeur du Niger au Mali a rappelé que le geste s’inscrit dans une vision de long terme : bâtir un espace sahélien souverain et résilient, capable de répondre collectivement aux menaces sécuritaires comme aux vulnérabilités logistiques. Cette initiative renforce également la crédibilité de l’AES, créée après le retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso de la CEDEAO.
Au-delà du soutien immédiat à l’approvisionnement en carburant, ce convoi marque une évolution majeure dans la gouvernance régionale : l’émergence d’une intégration énergétique et sécuritaire pensée par les États sahéliens eux-mêmes.
Dans un contexte de pressions terroristes croissantes, cette coopération opérationnelle ouvre la voie à des mécanismes régionaux renforcés de sécurité, de mobilité et d’approvisionnement — un enjeu clé pour la stabilité, l’investissement et la résilience économique du Sahel.