Vendredi 18 septembre 2026

Accès Premium FR · EN

Finance africaine — depuis 2013

,

Le Mali ferme son espace aérien à l’Algérie, et vice-versa

Le Mali a annoncé, ce lundi 8 avril, la fermeture de son espace aérien à tous les aéronefs, civils comme militaires, à destination ou en provenance de l’Algérie. La décision a été rendue publique dans un communiqué du ministère malien des Transports et des Infrastructures. Cette mesure de réciprocité intervient après que le gouvernement malien…

Le Mali a annoncé, ce lundi 8 avril, la fermeture de son espace aérien à tous les aéronefs, civils comme militaires, à destination ou en provenance de l’Algérie. La décision a été rendue publique dans un communiqué du ministère malien des Transports et des Infrastructures.

Cette mesure de réciprocité intervient après que le gouvernement malien indique avoir appris, par voie de presse, que l’Algérie avait pris la même décision à l’égard du Mali, en fermant immédiatement son ciel à tout appareil en provenance ou à destination du pays.

La tension entre les deux voisins s’est brusquement intensifiée après la destruction, par l’armée algérienne, d’un drone malien. En réponse, les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ont rappelé leurs ambassadeurs à Alger, à travers un communiqué conjoint publié le 6 avril. Ce texte condamne fermement l’action de l’Algérie, affirmant que la destruction de l’appareil a empêché l’élimination d’un groupe terroriste qui préparait une attaque contre l’AES.

En réaction, le ministère algérien des Affaires étrangères a exprimé ses regrets, affirmant avoir été contraint d’appliquer à son tour le principe de réciprocité. Il a confirmé le rappel de ses ambassadeurs au Mali et au Niger, ainsi que le report de la nomination d’un ambassadeur au Burkina Faso.

Une enquête préliminaire du ministère malien des Affaires étrangères a révélé que le drone a été abattu dans la nuit du 31 mars au 1er avril. L’appareil se serait écrasé sur le sol malien, à environ 9,5 kilomètres de la frontière algérienne. L’impact à la verticale suggère un tir de missile sol-air. L’Algérie, de son côté, soutient que le drone armé avait violé son espace aérien et avait pénétré de plus de deux kilomètres à l’intérieur de son territoire, justifiant ainsi sa destruction.

Dans un communiqué, l’Algérie a déclaré avoir pris connaissance avec une « profonde consternation » des accusations du gouvernement malien de transition, ainsi que de celles formulées par les dirigeants de l’AES. Le ministère algérien des Affaires étrangères a énoncé des « allégations mensongères » qui, selon lui, visent à détourner l’attention de l’échec d’un projet putschiste ayant plongé le Mali dans « l’insécurité, l’instabilité et le dénuement ».

Alger rejette catégoriquement ces accusations, dénonçant ce qu’elle considère comme une stratégie malveillante de la junte malienne pour faire de l’Algérie un bouc émissaire des difficultés internes du pays.

Enfin, le communiqué algérien rappelle que l’engagement de l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme est incontestable, tout en pointant du doigt « l’incapacité des putschistes à mener une lutte antiterroriste réelle », qu’ils auraient déléguée à des groupes de mercenaires, au détriment de la stabilité régionale

La fermeture réciproque de l’espace aérien entre le Mali et l’Algérie (dans un contexte de réchauffement des relations entre Paris et Alger) marque une nouvelle escalade dans des relations déjà fragilisées par des différends sécuritaires et diplomatiques persistants. À l’heure où la lutte contre le terrorisme devrait mobiliser les efforts collectifs, cette crise souligne l’urgence d’un dialogue sincère et constructif pour préserver la stabilité du Sahel.

Financial Afrik Premium