À partir du 1er mars 2026, le Liberia instaure une contribution carbone sur les transports aériens et maritimes
À compter du 1er mars 2026, les opérateurs aériens et maritimes desservant le Liberia devront s’acquitter d’une contribution carbone de 25 dollars par tonne de CO₂ équivalent (tCO₂e). Cette mesure s’inscrit dans le cadre du lancement officiel de l’Initiative Carbone Souveraine de la République du Liberia, annoncée le 27 janvier 2026 à Monrovia. Portée par l’Autorité des Marchés Carbone, créée par décret présidentiel en octobre 2025, cette initiative met en place un mécanisme national de conformité inspiré du système européen d’échange de quotas d’émission. Elle impose aux compagnies concernées de mesurer, déclarer et réduire leur empreinte carbone.
Concrètement, la contribution de 25 USD/tCO₂e couvrira 50 % des émissions générées par chaque vol ou mouvement de navire à destination ou en provenance du Liberia. Le dispositif vise en priorité les secteurs du transport aérien et maritime, considérés comme des leviers stratégiques de réduction des émissions. Alignée sur le Protocole de Kyoto et l’Accord de Paris, l’initiative repose sur un principe central : les émissions doivent être compensées dans le pays où l’activité économique est réalisée, renforçant ainsi la souveraineté climatique nationale.
Bien que l’Afrique ne représente qu’environ 4 % des émissions mondiales, elle capte moins de 3 % des financements climatiques. Pour le Liberia, dont les forêts constituent un réservoir majeur de biodiversité en Afrique de l’Ouest, les besoins en financement demeurent considérables. L’érosion côtière, la recrudescence des inondations, la hausse des températures et l’irrégularité des précipitations fragilisent les acquis du développement. Dans ce contexte, l’Initiative Carbone Souveraine vise à mobiliser des ressources prévisibles, domestiques et pérennes.
Les revenus collectés seront gérés via le Fonds d’Investissement Carbone du Liberia (LCIF) et orientés vers :
- l’adaptation climatique,
- la restauration écologique,
- la transition énergétique,
- la décarbonation des infrastructures portuaires et aéroportuaires.
Une stratégie intégrée aux marchés carbone africains
Selon Jeanine Cooper, Envoyée présidentielle pour l’action climatique et directrice générale de l’Autorité :
« À travers son Initiative Carbone, le Liberia élargit son cadre émergent de marchés carbone pour orienter des ressources vers les priorités locales et les défis climatiques urgents. »
Le pays rejoint ainsi un cercle encore restreint de pionniers africains, après Djibouti (2023) et le Gabon (2025). Cette dynamique s’inscrit dans la vision du président Joseph Nyumah Boakai, qui s’est engagé à promouvoir une prospérité durable fondée sur des mécanismes innovants.
Les initiatives sont encadrées par la Fondation du Registre Carbone Souverain Africain, soutenue par l’Union africaine, qui œuvre à l’harmonisation des standards et à la crédibilité des dispositifs.
Des standards internationaux de transparence
Le Registre national des émissions carbone du Liberia est conçu pour être conforme aux normes internationales, notamment celles de l’Organisation Maritime Internationale et de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale. Il reposera sur des processus indépendants de vérification et de certification. Pour Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine : « L’Union africaine est pleinement engagée à soutenir les Initiatives Carbone Souveraines afin de faire avancer des solutions climatiques concrètes et souveraines. ».
Pour rappel, les pionniers africains en la matière que sont Djibouti (dès 2023) et le Gabon (en 2025) ont déjà démontré la faisabilité de ces mécanismes souverains, en structurant des registres nationaux crédibles, en attirant des partenaires techniques internationaux et en mobilisant des financements pour la protection des forêts, les énergies propres et les infrastructures durables.
Leur expérience a suscité une réponse internationale globalement favorable, marquée par l’intérêt croissant des bailleurs, des institutions multilatérales et des investisseurs climat, qui voient dans ces dispositifs africains un modèle émergent de financement climatique crédible, souverain et aligné sur les standards mondiaux.



