L’agence de notation Moody’s a abaissé, jeudi 26 juin, la perspective de la note souveraine du Gabon de « stable » à « négative », tout en maintenant sa notation à Caa2, soulignant l’aggravation des risques liés au financement de l’État et la probabilité croissante d’une nouvelle restructuration de la dette.
L’agence estime que les besoins de financement du pays, évalués entre 15 % et 20 % du produit intérieur brut (PIB) par an, dépassent largement les capacités actuelles de mobilisation de ressources. Cette situation intervient alors que Libreville cherche à financer un ambitieux programme d’infrastructures tout en menant un audit complet de sa dette publique.
Selon Moody’s, la combinaison d’un accès limité aux marchés internationaux, de coûts d’emprunt élevés et de déficits budgétaires persistants accroît le risque que le gouvernement recoure à de nouveaux échanges de dette susceptibles d’être considérés comme des restructurations en difficulté, un événement assimilé à un défaut de paiement par les agences de notation.
Le déficit budgétaire du Gabon est estimé à 8,5 % du PIB en 2025 avant de reculer progressivement à 6,5 % en 2026 puis à 4,5 % en 2027. Malgré cette amélioration attendue, le ratio dette publique/PIB pourrait atteindre près de 88 % d’ici 2027, tandis que la charge des intérêts continuerait de peser davantage sur les finances publiques.
L’audit de la dette actuellement en cours constitue un autre facteur de risque. Moody’s avertit que l’exercice pourrait mettre au jour des engagements financiers jusque-là non enregistrés, aggravant davantage les indicateurs d’endettement du pays.
Des besoins de financement toujours élevés
Pour répondre à ses besoins de trésorerie, le Gabon a multiplié les opérations de financement au cours des derniers mois. Après un placement privé de 570 millions USD en 2025, le pays a conclu en avril 2026 un prêt adossé au pétrole de 1 milliard de dollars avec Trafigura.
L’appui des institutions multilatérales demeure toutefois un facteur de soutien. En avril, la Banque mondiale a approuvé un financement supplémentaire de 150 millions USD en faveur du Gabon, portant son engagement total à 600 millions USD. Moody’s estime par ailleurs qu’un éventuel programme avec le Fonds monétaire international pourrait améliorer la confiance des investisseurs et faciliter l’accès au financement à moyen terme.



