Le Projet de loi de finances rectificatives (PLFR) 2018 que vient d’adopter le Gabon en conseil du ministre du 21 juin est un exercice d’ajustement sévère des dépenses publiques qui n’est pas, toutes proportions gardées et concours massifs de l’Europe et de la communauté internationale en moins, sans rappeler la Grèce. Premier à pâtir de ce…
Publié le 24 juin 2018 · 2 min de lecture
Le président Ali Bongo le sait, la Grèce est sortie sauvée mais endettée après huit ans d'austérité. Trouvera-t-il la bonne recette pour le Gabon?
Le Projet de loi de finances rectificatives (PLFR) 2018 que vient d’adopter le Gabon en conseil du ministre du 21 juin est un exercice d’ajustement sévère des dépenses publiques qui n’est pas, toutes proportions gardées et concours massifs de l’Europe et de la communauté internationale en moins, sans rappeler la Grèce. Premier à pâtir de ce remède inspiré du rapport récent des travaux de la task force sur la finance publique (qui a réuni plusieurs cadres de l’administration pendant un mois), le président Ali Bongo lui-même, contraint à la réduction du personnel de la présidence. La Primature, le secrétariat général du gouvernement et l’ensemble des ministères ont été invités à cet exercice d’auto-amputation nécessaire, semble-t-il, pour la rédemption.
La punition semble collective sur bien des aspects. Cas de cette décote aveugle de 15 % de traitement sur l’ensemble des budgets des Institutionnels et autres autorités administratives. La dénonciation systématique de contrats de tout contractuel ayant plus de 60 ans, y compris tous les fonctionnaires maintenus en activité ayant plus de 60 ans, rappelle la Grèce. De même, la mise à la retraite immédiate des agents absents pour cause de maladie de longue durée .
La nouelle loi de finance rectificative laisse transparaître les effets de l’accord de 3 ans que le Gabon a conclu avec le Fonds monétaire international (FMI).
A l’examen de cette loi de finance, il est clair que le premier poste visé est la rubrique « dépenses du personnel ». initialement évaluée à 709,8 milliards de FCFA, cette rubrique revient à 640,9 milliards de FCFA, dans la loi de finances rectificative 2018.
Dans cet élan, le Gabon a même réduit les dépenses d’investissement, fixées à 397,6 milliards de FCFA dans la loi rectificative contre 455,4 milliards dans la loi initiale. La gratuité des frais d’accouchement (13,8 milliards de FCFA) et la protection sociale (9 milliards de FCFA) échappent à cette fougue castatrice.
Si ces mesures sévères qui concernent tous les services à l’exception de celui de la dette sont nécessaires pour conduire au retour à l’équilibre macroéconomique, il n’est pas certain que le Gabon, à la sortie de ces purges et de cette diète sévère, puisse retrouver la relance économique indispensable et la consolidation de la paix sociale.
Antoine Lawson