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Le cas Kamala Harris impossible en Afrique

Née d’une mère indienne et d’un père jamaïcain, Kamala Harris, 59 ans,  a été investie le 22 août aux primaires démocrates et devrait affronter Donald Trump en novembre prochain dans un scrutin polarisé. Au delà des enjeux américains, le cas Kamala Harris interpelle dans un continent africain où les nationalismes dominants sous diverses versions accepteraient difficilement…

La vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, rencontre le président du Ghana, Nana Akufo-Addo, lors de son voyage d'une semaine au Ghana, en Tanzanie et en Zambie, à Accra, au Ghana, le 27 mars 2023. REUTERS/Francis Kokoroko REUTERS/Francis Kokoroko.

Née d’une mère indienne et d’un père jamaïcain, Kamala Harris, 59 ans,  a été investie le 22 août aux primaires démocrates et devrait affronter Donald Trump en novembre prochain dans un scrutin polarisé. Au delà des enjeux américains, le cas Kamala Harris interpelle dans un continent africain où les nationalismes dominants sous diverses versions accepteraient difficilement un fils d’immigré même de seconde ou troisième génération. 

L’on se rappelle du concept de l’ivoirité  selon lequel une personne serait ivoirienne seulement si ses quatre grands-parents sont nés en Côte d’Ivoire. La doctrine dont la paternité est attribuée à Henri Konan Bédié a permis d’écarter le premier ministre d’alors, Alassane Ouattara et, avec lui, des millions d’ivoiriens du Nord. Qui n’a pas frémi en 1999 quand la Haute Cour de Justice de la Zambie déclara que Kenneth Kaunda, président de la république de 1964 à 1991, n’était pas citoyen du pays qu’il dirigea pendant 27 ans ? Qui n’a pas entendu les quolibets sur un Mohamed Bazoum nigérien, les polémiques sur la nationalité d’Ali Bongo ?

Ces exemples reflètent des codes de nationalité qui font peu de place à la naturalisation

À l’inverse des USA qui fondent leurs puissance sur un rêve américain qui attire les talents et les bras du monde entier , les pays africains construisent un récit national fondant sa légitimité sur la dichotomie entre autochtones et allogènes et les privilèges souvent non écrits dévolus aux dits  «peuples d’origine ». La dynamique des nations montrent pourtant que la force des pays développés repose avant tout sur la citoyenneté ouverte sur la notion d’Ernest Renan d’une nation fondée sur le sentiment du vouloir vivre ensemble. La nation ne saurait  se former sur le sang ou la tribu au risque de se figer et d’arrêter d’évoluer . Au vu de nos différentes législations du Caire au Cap, nous pouvons applaudir Kamala Harris tout en lui disant : tu ne pourras pas concourir aux présidentielles de la plupart de nos pays si ton père est immigré. 

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