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Le Bitcoin (BTC) atteint 72 000 dollars et remet en cause les théories monétaires

Record historique. Le Bitcoin (BTC) a franchi 72 000 dollars l’unité ce 11 mars 2024 dans une folle spirale haussière nourrie par la psychologie des foules et non vraiment par des déterminants économiques. La route vers les 100 000 dollars est désormais ouverte, estiment plusieurs analystes qui comparent l’engouement actuel pour la reine de la…

Record historique. Le Bitcoin (BTC) a franchi 72 000 dollars l’unité ce 11 mars 2024 dans une folle spirale haussière nourrie par la psychologie des foules et non vraiment par des déterminants économiques. La route vers les 100 000 dollars est désormais ouverte, estiment plusieurs analystes qui comparent l’engouement actuel pour la reine de la cryptomonnaie à la ruée vers l’or dans l’Amérique du 19e siècle.

Ni les réunions de la Réserve Fédérale des Etats-Unis (FED)  encore moins celles de la Banque Centrale Européenne (BCE) n’influent sur cette envolée quantique qui trouve sa cause dans l’effet moutonnier qui fait dire aux sophistes que l’homme ne descend pas du singe mais du mouton. Trêve de blasphème en ce début du mois saint de Ramadan ou tout jeûne sauf les portefeuilles. Au delà du comportement psychologique, la ruée pourrait s’expliquer par l’afflux de liquidités dans les ETF Bitcoin Spot, instruments approuvés il y a quelques semaines aux États-Unis. La réduction probable des taux d’intérêt américains est également avancé comme l’une des causes de la hausse.

La théorie quantitative de la monnaie (MV = PY) semble avoir peu de prise sur les crypto-actifs. La quantité de bitcoin émise, prévisible et publique, atteindra 21 millions vers 2040, selon une fonction décroissante qui n’est pas liée aux politiques des Banques Centrales et qui est à l’abri de l’inflation. Monnaie de spéculation, le bitcoin n’est pas encore à proprement parler une monnaie d’échange.

S’il ne répond pas à la théorie de la monnaie, le Bitcoin, fixé par un rapport entre les forces acheteuses et vendeuses, observe parfaitement ou presque la loi de l’offre et de la demande. Utile et rare, la monnaie fondée en 2008 par le mystérieux Satoshi Nakamoto (un pseudonyme ?) valait 12 dollars en 2013, $20.000 en 2017, 40 655 dollars le 8 janvier 2021 et 71 000 dollars le 11 mars 2024. Comme nous l’écrivions ici même en 2021, les cryptomonnaies bousculent notre vision de la monnaie. La hausse record est appelée à rester ainsi tant que le bitcoin demeurera rare et utile et tant que le réseau des adeptes continuera à croire dans cette monnaie dont personne ne connaît encore l’inventeur.
Le mode de fonctionnement de cette monnaie issue du blockchain rejoint en tout cas la proposition du prix Nobel d’Economie, Friedrich August Hayek , en 1976, selon laquelle, pour obtenir la stabilité monétaire après l’éclatement du système de Bretton Woods, il fallait procéder à l’abolition du monopole d’émission de billets des banques centrales et mettre en place un système de concurrence entre des monnaies privées.

Tout à l’opposé, Milton Friedman, un autre Prix Nobel, préconisait que la Banque Centrale, détentrice du monopole de l’émission monétaire, doit injecter des liquidités en temps de crise. Si le Bitcoin donne raison à Hayek, le système d’assouplissement quantitatif adopté par la FED, la BCE et d’autres banques centrales, s’en tient plutôt à Friedman. A l’avenir, ces deux mondes entreront certainement en collision et il semble que le monde de Hayek, un ancien socialiste reconverti en libéralisme, défenseur de la liberté totale, de la liberté économique ensuite, a plus d’atouts et de cohérence avec l’air du temps (retour probable de Donald Trump, montée de l’anarcho -capitalisme) que les tenants du classicisme de l’impulsion monétaire devant tomber d’en haut.

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