La République démocratique du Congo (RDC), premier producteur mondial de cobalt, a suspendu ses exportations de ce minerai pour quatre mois à partir de mars 2023. Cette décision vise à réduire l’offre excédentaire pour contrer la chute des prix du cobalt, qui ont baissé de 75 % en trois ans. La RDC, qui représente 76 % de la production mondiale, espère ainsi stabiliser les prix sur les marchés internationaux.
Cette mesure qui s’apparente à un couteau à double tranchant pourrait stabiliser les prix à court terme, mais aura des répercussions sur les revenus du pays issus de l’extraction de ce minerai stratégique. L’arrêt des exportations du cobalt soulève par ailleurs des inquiétudes quant à la stabilité du marché et à l’attractivité des investissements dans le secteur minier congolais. Ce qui pourrait éventuellement avoir pour effet de décourager les investisseurs, notamment chinois suffisamment investis dans ce secteur en RDC.
Sur les marchés internationaux, la suspension a déjà entraîné une hausse des prix, en particulier en Chine, le premier importateur. Cette augmentation pourrait en outre accélérer la recherche d’alternatives au cobalt congolais menaçant à long terme la position dominante de la RDC. Kinshasa joue ainsi quitte ou double.
C’est donc un autre pari risqué que le président Félix Tshisekedi semble avoir entamé en pleine opération de séduction de Washington pour un accord sur ses minerais critiques en échange de garanties de sécurité. Même si, officiellement, il s’agit pour la RDC de stimuler le cours du cobalt sur les marchés, l’on ne peut exclure au vu du risque pris par Kinshasa, que la mesure soit également liée à une volonté de rapprochement avec Washington sur ses préoccupations sécuritaires.



