Vendredi 18 septembre 2026

Accès Premium FR · EN

Finance africaine — depuis 2013

,

La RDC sollicite 500 millions USD auprès de la Banque mondiale pour accélérer le projet du Corridor de Lobito

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a soumis une requête de 500 millions de dollars américains à la Banque mondiale en marge des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale tenues du 13 au 18 octobre 2025 à Washington. Ce financement, défendu par le ministre des Finances,…

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a soumis une requête de 500 millions de dollars américains à la Banque mondiale en marge des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale tenues du 13 au 18 octobre 2025 à Washington. Ce financement, défendu par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, vise à soutenir la mise en œuvre du projet du Corridor de Lobito, un axe stratégique destiné à transformer le paysage économique de la région.

Lors de cette rencontre, indiquent ses services, le ministre Doudou Fwamba s’est entretenu avec la directrice générale de la Banque mondiale, Anna Bjerde, autour de plusieurs priorités du programme gouvernemental : la modernisation des infrastructures, le deuxième appui budgétaire en préparation, les réformes structurelles en cours et la situation sécuritaire à l’Est du pays, dont les effets continuent de peser sur l’économie nationale.

Plus de 1 300 kilomètres

Les discussions, apprend-on, ont permis d’envisager une approche élargie du partenariat, afin de garantir que le corridor bénéficie également aux populations locales. Des investissements sont ainsi prévus dans les infrastructures de base, la production énergétique et l’aménagement des zones agricoles situées le long du tracé.

Le gouvernement congolais a réaffirmé sa vision d’un développement équilibré des deux sections principales du corridor, à savoir Tenke–Lubumbashi–Sakania et Tenke–Kolwezi–Dilolo, jusqu’à la frontière angolaise et au port de Lobito. Ces infrastructures doivent permettre d’améliorer la compétitivité du pays, de faciliter l’exportation des minerais et de renforcer les échanges commerciaux régionaux.

Le Corridor de Lobito est un vaste projet d’infrastructure régionale visant à relier le port atlantique de Lobito, en Angola, aux zones minières de la ceinture cuprifère (Copperbelt) situées dans le sud de la RDC et le nord de la Zambie. Héritier du chemin de fer historique de Benguela, il s’étend sur plus de 1 300 kilomètres et constitue un maillon clé de la connectivité économique de l’Afrique australe.

Harmoniser le cadre réglementaire

Son objectif est de moderniser les infrastructures ferroviaires et portuaires, tout en stimulant les échanges commerciaux et le développement des chaînes de valeur locales. Il ambitionne également de désenclaver les zones rurales, de renforcer les capacités énergétiques et de créer des opportunités d’investissement industriel et agricole.

Le financement du projet repose sur un partenariat international public-privé, impliquant la U.S. International Development Finance Corporation (DFC), qui a déjà engagé 553 millions de dollars pour la réhabilitation de la voie angolaise. D’autres acteurs tels que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), la Commission européenne à travers son initiative Global Gateway, ainsi que la Africa Finance Corporation (AFC), participent à la mobilisation des fonds. L’investissement global est estimé à plus de 6 milliards de dollars américains.

Sur le plan institutionnel, les trois États concernés l’Angola, la République démocratique du Congo et la Zambie ont mis en place un comité trilatéral de coordination chargé de piloter la mise en œuvre, d’harmoniser les cadres réglementaires et d’assurer une gestion concertée des infrastructures.

Financial Afrik Premium