L’Office de Gestion du Fret Multimodal (Ogefrem) et le consortium sud-africain Yellowstone ont conclu, le 1er décembre 2025, un contrat de concession de 600 millions USD pour la construction, l’exploitation et le transfert du port sec de Kasumbalesa situé à l’extrême sud-est du pays, à la frontière avec la Zambie.
Selon les autorités congolaises, l’objectif central de ce partenariat public-privé (PPP) est de fluidifier le trafic commercial sur l’une des frontières les plus stratégiques de la RDC, par laquelle transite une part importante des exportations minières vers les ports de l’Afrique australe.
Kasumbalesa, saturé depuis plusieurs années par un trafic poids lourds en constante progression, représente un véritable goulot d’étranglement pour l’économie congolaise. Son port sec vient répondre donc à trois impératifs clés : décongestionner la frontière et accélérer les formalités douanières ; réduire les coûts logistiques, particulièrement élevés sur l’axe Sud ; et accélérer la circulation des produits miniers, vitaux pour les revenus d’exportation du pays.
Pour Jean-Pierre Bemba, vice-Premier ministre en charge des Transports, ce projet dépasse le cadre strictement national. Le port sec de Kasumbalesa est pensé comme un prolongement logistique de sept ports maritimes internationaux, inscrits dans les projets intégrateurs de la SADC et destinés à renforcer la connectivité entre les États membres de la tripartite COMESA–SADC–EAC.
L’ambition est d’intégrer davantage la RDC dans les chaînes régionales de valeur, en alignant ses infrastructures sur les standards utilisés par les principaux corridors commerciaux d’Afrique australe.
Selon le directeur général de l’Ogefrem, Patient Kazumba, le contrat confère au consortium Yellowstone :un droit exclusif de développer et financer le projet ;la construction et l’exploitation du port sec ;l’entretien complet des infrastructures pendant toute la durée d’exploitation.
La concession s’étend sur 23 ans, incluant la phase de construction.
Le consortium prend à sa charge 100 % du financement, évalué à 599,874 millions USD TTC, justifiant le recours au modèle PPP pour un projet d’une telle dimension technique et financière.
Une fois opérationnel, le port sec devrait générer : 2 000 emplois directs ;5 000 emplois indirects ;une baisse notable du coût de transit et des délais logistiques ;une meilleure fiabilité dans l’exportation des produits miniers ;un renforcement de la compétitivité de la RDC face à ses voisins de la SADC.
Couplée au corridor de Banana, dont la modernisation figure parmi les dossiers prioritaires du gouvernement, cette infrastructure contribuera à repositionner la RDC comme un hub logistique incontournable entre l’Afrique centrale et australe.



