Le départ précipité de la Mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA) de sa base à Kidal, laissant derrière elle un vide de pouvoir aussitôt comblé par les rebelles du Cadre stratégique permanent pour la paix, la sécurité et le développement (CSP-PSD), soulève des questions cruciales sur l’efficacité et la pertinence des interventions internationales dans des contextes de conflit complexe et persistant.
Depuis la signature des accords de paix en 2014 et 2015, censés mettre fin à la crise politico-militaire qui sévit au Mali, les résultats sont restés en deçà des attentes. La résurgence des hostilités fin août entre les Forces armées maliennes (FAMA) et les groupes rebelles témoigne de l’instabilité persistante et de l’échec des mécanismes de surveillance et de mise en œuvre des accords. Les rebelles, maintenant en contrôle de Kidal, reprochent aux FAMA de chercher à réinvestir les camps qu’ils contrôlaient lors de la signature des accords, en violation, selon eux, des termes établis. D’un autre côté, l’armée malienne déplore le non-respect des procédures prévues pour la rétrocession des emprises de la MINUSMA aux forces nationales.
Dans ce contexte, la MINUSMA semble avoir manqué à ses responsabilités, laissant place à un regain de tension et à une instabilité accrue. Sa mission de stabilisation et de protection des civils apparaît compromise, et sa crédibilité est sérieusement écornée. Il est impératif que la communauté internationale, et en particulier les Nations Unies, tirent les leçons de cet échec pour repenser leurs stratégies d’intervention dans les zones de conflit. Il est nécessaire de privilégier une approche plus inclusive, qui prend en compte les réalités locales et les dynamiques de pouvoir existantes, et qui œuvre véritablement à la construction d’une paix durable. Le Mali, à la croisée des chemins, a plus que jamais besoin d’un soutien international efficace et responsable. La MINUSMA doit réviser sa stratégie et son mode d’action pour répondre aux besoins réels de la population malienne et contribuer à la restauration de la stabilité et de la paix. La crédibilité de l’ONU et l’avenir du Mali en dépendent/



