Glencore discute de la cession de sa participation de 75 % dans Kamoto Copper Company, producteur majeur de cuivre et cobalt. Des acheteurs potentiels incluent Orion Resource Partners et Rio Tinto. Cette opération survient dans un contexte de prix faibles pour le cobalt et d’interdiction des exportations par la DRC décidée en février dernier dans le but de redresser un cours tombé à leur plus bas en 9 ans. En principe, l’interdiction devait être levée ce 21 septembre mais plusieurs sources évoquent un possible prolongement. Glencore détient une participation de 75 % dans KCC, tandis que la société minière publique congolaise Gécamines possède les 25 % restants.
Accord RDC‑Rwanda pour réforme du secteur des minéraux
Un projet d’accord prévoit une refonte des chaînes d’approvisionnement, avec implication d’acteurs tiers, zones économiques spéciales, inspections internationales, afin d’attirer des investissements et augmenter la transparence. Les dirigeants visent une signature officielle pour octobre.
Investissement du Qatar dans Ivanhoe Mines
Le fonds souverain qatari a investi 500 millions USD dans la compagnie minière canadienne Ivanhoe Mines. Ce financement va aider l’entreprise à explorer et développer des projets, notamment en Angola et Zambie. L’objectif : renforcer l’autonomie dans les chaînes d’approvisionnement des minerais critiques. Qatar Investment Authority (QIA) compte acquérir 4% pour, déclare le directeur du fonds, Mohammed Saif Al-Sowaidi, soutenir l’entreprise canadienne dans la recherche et l’approvisionnement en minerais critiques. Basée à Vancouver, la société Ivanhoe Mines exploite en République démocratique du Congo les mines de cuivre de Kamoa-Kakula et de Kipushi ainsi que la mine de Platreef en Afrique du Sud, dont les premières extractions sont prévues en 2025.
Burkina Faso : 61 tonnes d’or exportées en 2024 pour 6,5 milliards USD
Le Burkina Faso a exporté environ 61 tonnes d’or en 2024, contre 57,6 tonnes en 2022 et 56,8 tonnes en 2023, soit une valeur théorique de 6,55 milliards de dollars au cours moyen de 3 338 dollars l’once. Cette manne échappe toutefois en grande partie au contrôle de l’État en raison de circuits opaques d’exportation et de contrats miniers peu favorables, mais aussi du fait que l’or est expédié à l’étranger sous forme brute. Les recettes fiscales directes issues du secteur se sont limitées à 567,2 milliards de FCFA (1,02 milliard USD) en 2024, selon le ministère des Mines. Elles proviennent principalement des redevances minières, fixées entre 3 % et 5 % de la valeur brute de la production selon les cours internationaux. L’écart entre la richesse exportée et la part captée par le Trésor illustre la faible redistribution nationale d’un secteur pourtant stratégique. La production aurifère, qui n’était que de 5,6 tonnes en 2008, repose désormais sur 22 permis industriels, dont 13 mines en activité. Le secteur a représenté 84 % de la valeur totale des exportations en 2024, contre 80,4 % en 2023, confirmant son poids central dans la balance commerciale.
Or : Les Emirats Arabes Unis et la Suisse premiers clients du Burkina Faso
Le Burkina Faso reste cantonné à un rôle de fournisseur de minerai brut. En l’absence de raffineries de taille industrielle et certifiées LBMA, la quasi-totalité de l’or burkinabè est exportée vers les Émirats arabes unis et la Suisse, qui absorbent près de 90 % des flux, pour y être affinée et transformée en lingots standardisés. En exportant l’or brut (61 tonnes en 2024), le Burkina Faso perd la marge de raffinage et de certification, estimée à des dizaines de millions de dollars par an, au profit des pays importateurs. Cette dépendance aux circuits extérieurs maintient l’économie burkinabè dans un modèle extractif peu captif de valeur ajoutée, alors même que l’or constitue son principal levier d’exportation et de recettes budgétaires.
Ghana – Mali : deux géants aurifères aux recettes contrastées
Au Mali, la production industrielle d’or a reculé de 23 % en 2024, mais les recettes minières ont atteint un record de 835,1 milliards de FCFA (1,40 milliard USD), grâce au renforcement du cadre fiscal et à la montée en puissance de la participation de l’État dans les sociétés d’exploitation. Le volume exact exporté reste toutefois flou, en raison des pertes liées à la contrebande. Le Ghana conserve sa première place africaine avec 130 tonnes produites et 11,64 milliards USD d’exportations officielles en 2024, portées par la hausse des cours. Si les paiements du secteur minier (impôts, redevances, taxes) représentent une ressource majeure, une partie de la production artisanale échappe encore au contrôle du Trésor. Pour y remédier, Accra mise sur de nouveaux mécanismes comme le Gold Board.
Kinross Tasiast : finances solides et cadre fiscal renforcé en Mauritanie
Au 2ᵉ trimestre 2025, Kinross a produit 512 574 onces d’équivalent-or pour un coût moyen de 1 120 $/oz et un AISC de 1 493 $/oz, générant un flux de trésorerie disponible de 646,6 M$ et portant ses liquidités à 2,8 Md$. À Tasiast, l’incendie du 14 avril a entraîné une brève suspension du moulin, sans impact sur les objectifs 2025 fixés à 2 M oz. Côté réglementation, le décret mauritanien n° 2025-024 redéfinit les droits, redevances et contributions des opérateurs miniers via un compte spécial de promotion de la recherche, tandis que Nouakchott a réaffirmé son soutien à la mine. Sur le plan ESG, la centrale solaire de 34 MW couplée à 18 MW de batteries devrait couvrir 20 % des besoins énergétiques du site, réduisant de 17 millions de litres la consommation annuelle de fuel.
Simandou : première expédition prévue en novembre 2025
Le joint-venture SimFer (Rio Tinto + Chalco Iron Ore Holdings + Guinée) confirme que le premier envoi d’exportation de minerai de fer depuis les blocs 3 & 4 de Simandou aura lieu en novembre prochain. L’objectif est d’expédier environ 0,5 à 1 million de tonnes cette année avant de monter progressivement vers 60 millions de tonnes par an pour cette partie Sud. A noter que la junte guinéenne a approuvé une taux d’impôt sur les sociétés de 15 % pendant les 17 premières années pour les infrastructures portuaires et ferroviaires liées à Simandou — bien en-dessous du taux standard (≈ 35 %).
Mauritanie : la SNIM a franchi le cap des 14 millions de tonnes de minerais de fer exportées
En 2024, SNIM a franchi pour la première fois la barre des 14 millions de tonnes de minerai de fer vendues (14,226 millions de tonnes), contre ≈13,7 millions en 2023. Ces volumes incluent les opérations de chargement/délivrance, qui en 2024 ont aussi atteint un haut niveau (≈ 14,3 millions de tonnes). En dépit de cette hausse de production, le chiffre d’affaires n’a pas augmenté, établi à environ 1,15 milliard USD en 2024 contre 1,37 milliard en 2023 dû principalement aux prix plus bas du minerai sur les marchés mondiaux.
Pour 2025, la SNIM vise à atteindre les 15 millions de tonnes de production de minerai de fer. À plus long terme, la Mauritanie prévoit une production totale pouvant aller vers ≈ 45 millions de tonnes/an d’ici 2031 si tous les partenariats et projets en cours se concrétisent. En attendant, la SNIM travaille à diversifier ses produits, notamment en développant la production de boulettes de fer (pellets), en prospectant pour l’or, le cuivre, et d’autres minéraux associés. Il y a aussi un projet de centrale solaire de 12 MW pour réduire l’empreinte carbone. L’entreprise a obtenu un prêt de 150 millions USD de la Banque Africaine de Développement pour moderniser et élargir la capacité de transport ferroviaire de Zouerate à Nouadhibou, pour soutenir l’expansion. Un projet de modernisation ferroviaire financé par la Banque Européenne d’Investissement (BEI) a également été approuvé le 16 juillet 2025 pour étendre la ligne, acquérir du matériel roulant.
Règlement du différend « Swanmines » entre ERG et Gécamines
Gécamines a conclu un accord de règlement avec Eurasian Resources Group (ERG) concernant le projet Swanmines, qui porte sur le cuivre et le cobalt.
Sénégal : Sabodala Gold Operations (SGO) a acheté 187 milliards FCFA auprès des fournisseurs locaux
En 2024, SGO (filiale sénégalaise d’Endeavour Mining) a investi 313 milliards de FCFA au Sénégal, soit ≈ 521,7 millions USD, ce qui représente 92 % de son chiffre d’affaires de l’année. Les achats auprès de fournisseurs sénégalais ont été de 187 milliards FCFA, contre 145 milliards l’an précédent. Le chiffre d’affaires 2024 s’établit à environ 337 milliards FCFA, en léger recul par rapport à l’année précédente. La production a diminué : 229 000 onces d’or (~7,6 tonnes) produites en 2024, contre ≈ 294 000 onces en 2023, soit une baisse d’environ 22 %.
Zambie : grands travaux dans le cuivre et l’énergie
Le secteur cuprifère zambien connaît une accélération des investissements. First Quantum Minerals a lancé l’expansion de la mine de Kansanshi via le Project S3, un chantier de 1,25 milliard USD qui doublera la capacité de broyage, augmentera de 25 % le rendement du smelter et ouvrira une nouvelle fosse, portant la production à 250 000 tonnes/an (Mining.com). De son côté, Vedanta Resources ambitionne de lever 1 milliard USD de dette pour relancer Konkola Copper Mines (KCM), avec un objectif de 300 000 tonnes/an dans les cinq prochaines années (Reuters). En parallèle, la Zambie a inauguré en juin 2025 la centrale solaire de Chisamba (100 MW), destinée à sécuriser l’approvisionnement énergétique des mines et à réduire l’impact des sécheresses sur l’hydroélectricité (Reuters).



