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La Cameroon Developpment Corporation au bord du gouffre

Le plus grand employeur du pays après l’Etat est confronté à de réelles difficultés qui pourraient provoquer la banqueroute pour cette entreprise qui paie les frais de la situation sociopolitique tendue dans les régions anglophones du pays. Par Achille Mbog Pibasso Implantée essentiellement dans la région du Sud-ouest en proie à des violences sécessionnistes avec le Nord-ouest,…

directeur général de la CDC, Franklin Ngoni Njie.

Le plus grand employeur du pays après l’Etat est confronté à de réelles difficultés qui pourraient provoquer la banqueroute pour cette entreprise qui paie les frais de la situation sociopolitique tendue dans les régions anglophones du pays.

Par Achille Mbog Pibasso

Implantée essentiellement dans la région du Sud-ouest en proie à des violences sécessionnistes avec le Nord-ouest, l’autre région anglophone du pays, la Camroondevelopment corporation (CDC) va mal, très mal même. Deux ans après le déclenchement de cette crise sociale, le mastodonte agro-industriel n’est plus ce fleuron de l’économie camerounaise qu’elle a toujours été. Et pour cause, les activités tournent au ralenti, à peine 10% des capacités opérationnelles de l’entreprise. Un vrai désastre économique pour les 22 000 salariés, dont des milliers ne perçoivent plus de salaires depuis plusieurs mois, tandis que beaucoup d’autres ont payé de leur vie car régulièrement attaqués par des milices sécessionnistes. 

Avec une production moyenne de 16 000 tonnes de banane par mois, la CDC n’en produit à peine que 2000 actuellement, et ne procède plus aux exportations depuis le mois de septembre 2018, déplore l’Association bananière du Cameroun (ASSOBACAM) qui assure la représentation et la défense des intérêts des producteurs vis-à-vis des tiers et des pouvoirspublics. Une situation qui déteint sur l’ensemble du secteur, puisque le Cameroun n’exporte qu’à peine 24 000 tonnes de bananes par mois contre une moyenne mensuelle de 40 000 tonnes il y a encore moins de deux ans.

Selon le Comité technique national de la balance des paiements, les difficultés de la Cameroon development corporation font chuter de 24% les exportations de caoutchouc en 2018. Par ailleurs, la CDC qui était l’une des principales sociétés productrices d’huile de palme est devenue l’ombre d’elle-même comme dans les autres filières, occasionnant un renchérissement de l’huile de palme, d’autant que le pays qui accusait déjà un déficit annuel d’environ 12 000 tonnes n’en avait pas besoin pour croître ses difficultés. 

Le directeur général de cette entreprise publique Franklin Ngoni Njie estime qu’il faut près de 30 milliards de FCFA pour relever l’outil de production. Non seulement cet argent difficile à trouver, mais le contexte social ne favorise pas à l’entreprise de déployer normalement ses activités. « Nous avons besoin de sécurité pour protéger nos employés et nos champs des attaques répétées des gens qui ne veulent pas nous voir réussir », a-t-il plaidé.  Malheureusement l’enlisement de la crise pourrait définitivement avoir raison de ce mastodonte agro-industriel. 

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