Dans son dernier rapport sur la RDC, la Banque mondiale dresse un réquisitoire sévère contre les entreprises publiques congolaises. Pertes massives, gouvernance politisée, infrastructures dégradées et endettement croissant : l’institution estime que la SNEL, la REGIDESO et plusieurs sociétés minières fragilisent durablement les finances publiques et freinent le potentiel économique du pays.
Par Rodrigue Fenelon Massala
Dans son rapport intitulé « Du parking à la voie rapide : Réformer les entreprises publiques », la Banque mondiale critique vivement plusieurs entreprises publiques congolaises, en particulier la Société nationale d’électricité (SNEL) et la REGIDESO. Selon l’institution, ces entités ont accumulé des pertes financières estimées à 5,3 milliards de dollars entre 2014 et 2023, tandis que leur endettement a fortement progressé.
La Banque mondiale souligne que cette situation fragilise les finances publiques, réduit la compétitivité de l’économie congolaise et affecte directement les conditions de vie des populations. Les entreprises concernées souffrent de déficits structurels, de problèmes récurrents de trésorerie et d’une gouvernance jugée inefficace, marquée par des conseils d’administration politisés, des nominations ne reposant pas sur des critères de compétence et un manque de transparence financière.
Le rapport note également que ces sociétés privilégient le recours à l’endettement pour couvrir leurs déficits au détriment des investissements productifs. La dette accumulée par les entreprises publiques représente désormais une part significative de la dette extérieure de la RDC, avec un poids particulièrement important pour la SNEL.
Malgré l’immense potentiel hydroélectrique du pays, seule une faible partie de la population a accès à l’électricité, tandis que la SNEL continue d’enregistrer d’importantes pertes techniques. De son côté, la REGIDESO ne fournit de l’eau potable qu’à une portion limitée des Congolais.
Dans le secteur minier, la Banque mondiale estime que les entreprises publiques demeurent vulnérables malgré l’importance stratégique des exportations de cuivre pour l’économie nationale.
Face à ce constat, l’institution financière internationale plaide pour des réformes profondes. Elle recommande notamment une clarification du rôle de l’État en tant qu’actionnaire, des nominations fondées sur le mérite ainsi qu’un renforcement de la gouvernance et de la transparence financière.
Selon la Banque mondiale, des réformes efficaces des entreprises publiques pourraient contribuer à renforcer la croissance potentielle de la RDC et à réduire les risques budgétaires qui pèsent sur l’État congolais.



