Le déficit de financement en Afrique atteint aujourd’hui des proportions critiques, exigeant une réponse à la hauteur des ambitions de croissance du continent. Selon les estimations de la Banque africaine de développement (BAD), rappelées ce le lundi 9 février à l’ouverture de la 50e assemblée générale de de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (FANAF), les besoins annuels s’élèvent à environ 400 milliards de dollars. Une somme indispensable pour soutenir trois piliers stratégiques : la modernisation des infrastructures, la réussite de la transition énergétique et la transformation structurelle des économies locales.
Face à ces enjeux, le secteur de l’assurance doit opérer une mutation profonde de son identité et de sa mission. Il ne s’agit plus de percevoir l’assureur comme un simple collecteur de primes ou un tiers payeur intervenant après un sinistre. Pour répondre aux impératifs de développement, l’assurance doit désormais s’imposer comme un acteur majeur du financement, capable de transformer les risques en opportunités d’investissement durable.
La clé de cette transformation réside dans une mobilisation accrue de l’épargne longue, ressource indispensable pour financer des projets à forte intensité de capital et à long cycle de rentabilité. En captant et en canalisant cette épargne de manière plus efficace, les assureurs peuvent offrir aux États et au secteur privé les liquidités nécessaires pour bâtir l’Afrique de demain. Cette dynamique permet de stabiliser les marchés financiers locaux tout en réduisant la dépendance aux flux de capitaux extérieurs.
Pour concrétiser cette vision, Sidi Ould Tah, président de la BAD, préconise l’émergence d’une nouvelle architecture financière africaine. Celle-ci repose sur la création de synergies fortes entre les différents acteurs de l’écosystème : banques, assurances, réassurances, fonds de pension et marchés de capitaux. Seule une approche décloisonnée et collaborative permettra de mutualiser les ressources et de structurer des mécanismes de financement innovants, capables de porter les grands chantiers du développement africain.



