Vendredi 18 septembre 2026

Accès Premium FR · EN

Finance africaine — depuis 2013

, ,

Kinshasa et Kampala font front commun contre les groupes armés actifs dans l’est de la RDC

La République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda ont signé un nouveau mémorandum d’entente pour poursuivre et renforcer leur coopération militaire face aux groupes armés actifs à l’est de la RDC. L’accord, paraphé le vendredi 20 juin, vise notamment à intensifier l’opération conjointe « Shujaa », lancée en novembre 2021 pour combattre les rebelles des…

La République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda ont signé un nouveau mémorandum d’entente pour poursuivre et renforcer leur coopération militaire face aux groupes armés actifs à l’est de la RDC. L’accord, paraphé le vendredi 20 juin, vise notamment à intensifier l’opération conjointe « Shujaa », lancée en novembre 2021 pour combattre les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF).

Le document a été signé à Kinshasa par le lieutenant-général Banza Mwilambwe Jules, chef d’état-major des Forces armées de la RDC (FARDC), et le général d’armée Muhoozi Kainerugaba, chef des Forces de défense du peuple ougandais (UPDF). Il marque une volonté commune de renforcer les actions militaires dans les zones touchées par l’insécurité, avec un élargissement du champ d’intervention.

Le nouveau cadre prévoit l’expansion des opérations conjointes vers de nouvelles zones instables, notamment le territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri, ainsi que ceux de Djugu, Irumu, Mahagi et Aru. Ces régions restent confrontées à la présence persistante de groupes armés, responsables de violences contre les civils et de perturbations sécuritaires récurrentes.

Bilan mitigé, mais volonté de poursuivre les efforts

Une évaluation conjointe de l’opération Shujaa réalisée en mai 2024 avait mis en lumière certains résultats encourageants, notamment la destruction de plusieurs bases des ADF. Toutefois, les forces armées des deux pays reconnaissent que des défis majeurs subsistent, en particulier la mobilité des groupes armés et les difficultés logistiques liées à la nature du terrain.

Malgré cela, les deux parties affirment leur détermination à poursuivre les efforts de stabilisation dans l’est de la RDC, en misant sur une intensification des actions militaires et un meilleur partage des renseignements.

Un partenariat militaire face à une menace transfrontalière

L’opération Shujaa, lancée officiellement le 30 novembre 2021, constitue l’un des piliers de la coopération sécuritaire entre Kinshasa et Kampala. Elle vise à neutraliser les ADF, un groupe rebelle d’origine ougandaise affilié à l’État islamique. Les ADF sont accusés d’avoir commis de nombreuses exactions, dont des massacres de civils en RDC et des attentats meurtriers en Ouganda.

En renforçant leur collaboration à travers ce nouvel accord, la RDC et l’Ouganda espèrent contenir durablement la menace que représentent les ADF, et plus largement, restaurer la sécurité dans une région meurtrie par des décennies de conflits armés.

Contexte

D’ailleurs, ce « front commun » se forme dans un contexte marqué par la guerre dans l’est, où le M23 a réalisé des avancées ces derniers mois. Le gouvernement rwandais, accusé de soutenir les rebelles, et son homologue de la RDC ont annoncé, pour leur part, avoir trouvé un terrain d’entente « définitif » pour mettre un terme à ce conflit qui mine leurs relations depuis des décennies.

L’accord, qui devrai être officialisé cette semaine, comprend des dispositions majeures, parmi lesquelles le désarmement des groupes armés opérant dans l’est de la RDC, leur retrait progressif, ainsi qu’un mécanisme de réintégration pour les combattants désireux d’abandonner la lutte.

LIRE AUSSI. RDC-Rwanda : un projet d’accord de paix paraphé à Washington sous l’égide des États-Unis

Financial Afrik Premium