L’image a fait le tour de la toile. Le 23 août à Tokyo, en marge des préparatifs de la neuvième Conférence internationale sur le développement de l’Afrique (TICAD 2024), une chaude empoignade a eu lieu autour de la question du territoire du Sahara (ex-Rio de Oro), qui oppose le Maroc et l’Algérie via le mouvement Polisario.
Le représentant de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD), entité non reconnue par l’ONU et la Ligue Arabe mais admise depuis 1984 au sein de l’Union Africaine, a réussi à se faufiler dans la salle avec, chuchote-t-on dans les coulisses, un badge de la délégation de l’Algérie, principal soutien de l’entité séparatiste qui revendique la création d’une république sur les provinces marocaines du Sahara.
Une fois sur place, le délégué du mouvement séparatiste du Polisario a tenté de placer un chevalet portant la mention RASD entre les délégations de la Zambie et du Zimbabwe (alors que le protocole répartit les participants par ordre alphabétique), provoquant une réaction instantanée d’un diplomate marocain en poste à Addis-Abeba.
Cet incident, bien que de courte durée, en dit long sur les difficultés à traiter ce dossier hérité de la guerre froide lors des réunions internationales. Le Japon a dû lire une déclaration précisant qu’il ne reconnaissait pas la RASD. Le Maroc, qui considère le Sahara occidental comme une partie intégrante de son territoire, a salué la réaction du Japon ainsi que celle de nombreux autres pays participants.
Les travaux du TICAD ont repris, non sans plusieurs accrochages d’ordre protocolaire. À la reprise de la session, la présence du délégué sahraoui a pu être confirmée, sous la pression algérienne et sud-africaine.
Pour rappel, lors de la dernière TICAD tenue en 2022 à Tunis, une délégation sahraouie avait participé au sommet à l’invitation du pays hôte, provoquant le départ de la délégation marocaine. Plus récemment, en marge de la 45e session du Conseil exécutif de l’UA tenue en juillet dernier à Accra, une résolution avait été adoptée, excluant formellement le Front Polisario de toute participation aux réunions avec des partenaires internationaux. Reste à savoir si la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD), qui se tient les 24 et 25 août, parviendra à faire oublier cet incident.


