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Industrialisation de l’Afrique: le «oui mais» de la Banque Mondiale

Par Adama Wade, envoyé spécial à Busan. Si tous sont d’accord sur le développement de l’Afrique, certains comme le président de la Banque Mondiale sont assez réservés sur l’industrialisation. Il  use de la nuance, Jim Yong Kim. Mais le président de la Banque Mondiale n’en reste pas moins ferme. L’industrialisation de l’Afrique doit être conditionnée…

Dans son propos, Jim Yong Kim est plutôt nuancé sur l’industrialisation de l’Afrique.

Par Adama Wade, envoyé spécial à Busan.

Si tous sont d’accord sur le développement de l’Afrique, certains comme le président de la Banque Mondiale sont assez réservés sur l’industrialisation.

Il  use de la nuance, Jim Yong Kim. Mais le président de la Banque Mondiale n’en reste pas moins ferme. L’industrialisation de l’Afrique doit être conditionnée par la création d’emplois. Admirateur des transitions technologiques, le patron de la Banque Mondiale, clé de voûte des institutions multilatérales de développement, est plutôt d’accord pour la diversification. 

Les drones rwandais qui transportent des poches de sang et le système M-Pesa plutôt que l’industrie lourde, déclare le sud-coréen en substance lors du panel de haut niveau tenu à Busan, Corée du Sud, le 23 mai,  en marge des assemblées générales de la BAD. 

 A l’opposé de cette conception puisée  dans le moule post-industriel en vogue en ce moment,  le président de la  Banque Africaine prône une concentration sur le développement l’Agriculture et  l’industrialisation, deux processus dont il fait dépendre la réussite à une «claire vision du gouvernement».

Et Akinwumi Adesina de citer l’exemple de l’Ethiopie, devenue un centre mondial de sous-traitance de l’industrie du textile et habillement grâce une stratégie de l’Etat et à une alliance avec des compagnies chinoises. 

Le challenge africain reste la mobilisation des ressources à long terme à travers notamment les fonds souverains lesquels, parfois, déplore le président de la  BAD, ont tendance à placer leurs fonds en dehors du continent, pour des rendements négatifs, les faisant transformer du coup en «fonds souverains pour les autres». Le nigérian prône une vraie stratégie autour de ces fonds et autour de la question du «risque Afrique» surévalué, dit-il,  auprès des investisseurs globaux.

S’il est d’accord avec Akinwumi Adesina sur l’importance de la formation des jeunes africains et du capital humain, le patron de la World Bank est dubitatif sur le modèle éthiopien qu’il oppose, chiffres à l’appui, au modèle du Bangladesh qui est arrivé à créer jusqu’à 300 000 emplois par an sur une longue période dans le processus informatique des sociétés allemandes du secteur et d’autres entreprises. 

En clair, l’insertion dans les chaînes de valeur a pour point de départ l’investissement dans l’éducation et point d’arrivée la création des emplois. «Il est important de bien comprendre le modèle coréen , qui part de l’éducation, de la montée des chaebols et de leur exposition à la concurrence et aux forces du marché», poursuit le patron de la Banque Mondiale. Et le Dr Kim, admiratif du modèle rwandais et du président Paul Kagamé,  qu’il cite pour la qualité de son leadership, de tancer les dirigeants africains, ceux qui changent de premier ministre tout le temps et n’ont de ce fait, aucune stratégie durable. 

Justement présent à cette rencontre en compagnie de son homologue marocain, le premier ministre rwandais, Édouard Ngirente, évoque parmi les conditions de l’industrialisation, la formation dans les filières techniques. Saâdeddine El Otmani du Maroc n’en dit pas moins, appelant à investir dans les métiers de demain car, remarque t-il, 60% des métiers actuels vont disparaître. « L’Afrique a besoin d’une transformation multi-factorielle, pour prendre en compte les défis sociaux (emplois, pauvreté) et pour ne pas rater la quatrième révolution industrielle. 

A l’arrivée, l’on peut le dire, les quatre panélistes sont au moins  d’accord sur la réduction des coûts  de facteur et la nécessité d’une vision claire incarnée au sommet de l’Etat. 

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