La dissolution le 27 avril du Bataillon de la Sécurité présidentielle (BSP), vestige des années Lansana Conté, suivie le 8 mai du démantélement du Bataillon d’intervention rapide (BIR) puis du renvoi du chef d’État-major général des armées guinéennes (CEMGA), Sadiba Coulibaly, envoyé d’abord au ministère de l’Urbanisme avant d’être limogé 24 heures plus tard, illustre des vives tensions autour de Mamadi Doumbouya, le chef de la junte guinéenne. «Il n’y a aucun problème entre le président de la transition et moi»,déclarait pourtant l’ancien CEMGA à la Radio Télévision Guinéenne (RTG), le 4 mai dernier, démentant la rumeur d’un clash au sommet entre lui et le chef de la junte.
Le développement des événements semble indiquer du contraire. Sadiba Coulibaly ferait les frais d’une animosité légendaire qui l’opposerait au ministre de la Défense, Aboubacar Sidiki Camara, alias Idi Amin, Saint-cyrien, grand gagnant de ce remue-ménage.
Quant à la dissolution du BSP, bataillon qui s’était particulièrement illustré au petit matin du 5 septembre 2021 en freinant la marche du Groupement des forces spéciales (GFS) lors du coup d’Etat qui réussira finalement, mettant fin au régne de Alpha Condé, elle relève d’un acte administratif, le bataillon étant vidé de sa substance (équipement, carburant et missions ) depuis l’arrivée de Doumbouya au pouvoir.
Aucun motif n’a été avancé pour justifier la dissolution de ce bataillon. Le président de la transition Mamadi Doumbouya, ancien légionnaire français, a tout juste instruit le ministre de la Défense et le chef d’état-major général des armées de prendre les mesures nécessaires.
Le nouveau chef d’Etat major, le général Ibrahim Sory Bangoura, devra compter avec une psychose perceptible autour d’une enquête qui s’enlise et d’un procès.
La psychose est partie des armes disparues d’un entrepot militaire, ce qui a valu son poste au lieutenant-colonel Ismaël Keita, directeur du renseignement militaire, renvoyé pour « faute lourde ». Autre limogeage, celui du Commandant du Centre d’entraînement aux opérations de Maintien de la paix. Quant au commandant Aly Camara, chef des opérations des Forces Spéciales, arrêté en juin 2022, serait aujourd’hui en cavale. La question est de savoir quel les degrés d’implication du désormais ex chef d’Etat-Major de l’armée et de ses proches dans un pays en transition.


