Les conséquences de la décision prise le vendredi 6 avril 2018 par Donald Trump de sanctionner 24 personnalités proches du président Russe Vladimir Poutine, dont le PDG de Russal, le milliardaire russe Oleg Deripaska, actionnaire majoritaire du groupe, pourraient générer des effets collatéraux sur les investissements du leader mondial de l’aluminium. Au delà des pertes attendues d’actifs sur le sol américain, il y a le cas de la Guinée.
En effet, ces sanctions pourraient avoir des répercussions sur les actifs de Rusal en Guinée, notamment sur la compagnie des bauxites de Kindia qui produit 3,5 millions de tonnes par an, et compromettre les projets de relance de l’usine d’alumine de Friguia à l’arrêt depuis 2012.
Encore plus inquiétant, ces sanctions pourraient affecter le projet d’exploitation bauxitique DIAN-DIAN prévu démarrer à la fin de ce mois d’avril pour une entrée en production en 2019. C’est un investissement de 220 millions de dollars qui est ainsi menacé.
Au-delà de l’affolement qu’ont suscité les sanctions américaines sur les places boursières, particulièrement à la Bourse de Hong Kong où est coté le géant Russe, qui y a vu son titre perdre 2/3 de sa valeur, passant de 4,64 dollars à 1 dollar 43 en seulement une dizaine de jours, et à la London Metal Exchange(LME) où le cours de la tonne du métal se négociait en forte hausse à 2385 dollars, ces sanctions représentent une véritable onde de choc financière.
Le gel des biens de Deripaska ainsi que ceux de Rusal sur le territoire américain et l’interdiction aux citoyens américains et même aux entités non américaines de faire affaire avec Russal ou les personnalités visées par les sanctions —notamment Deripaska – ou qui faciliteraient des transaction, importantes en leurs faveurs sous peine de sanctions américaines en sachant que plus de 10% des ventes totales de Rusal vont aux États-Unis soit 14 % de chiffres d’affaires corsent encore plus les restrictions contre Russal.
Conséquence, pour éviter de susciter le courroux des Américains certains actionnaires du géant Russe comme le Suisse Glencore ou partenaire commercial comme Rio Tinto ont décidé de limiter les dégâts en décidant de geler toute opération commerciale avec Russal pour préserver leurs intérêts américains.
En terme clair, les restrictions liées à la mobilité des fonds et aux activités commerciales de Rusal et de ses dirigeants en plus de perdent l’accès au marché américain et de se voir abandonnée par ses partenaires par crainte de sanctions, gèlent l’essentiel de ses projets dans le monde et rend Russal financièrement vulnérable.



