Depuis le 29 décembre 2023, l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT) a décidé de fermer le siège de la filiale guinéenne du groupe de téléphonie sud-africain MTN pour manquement au paiement des redevances et licence. Ce qui a pour effet la mise en chômage technique de plusieurs dizaines d’employés, en attendant un règlement avec le régulateur.
Ceci intervient dans un contexte où le groupe sud-africain envisagerait de se désengager de ses filiales en Guinée, au Liberia et en Guinée Bissau au profit du conglomérat malgache Axian (Axian Télécom). MTN poursuit ainsi une stratégie d’optimisation de son portefeuille à travers la simplification de sa structure et son retrait des marchés les plus risqués du Moyen-Orient (Syrie, Yémen, Afghanistan) pour se recentrer sur ses marchés à fort potentiel, prioritairement en Afrique.
D’après les résultats du groupe, les marchés guinéen, liberien et bissau-guinéen avec un cumul de 6,1 millions d’abonnés (291 millions d’abonnés au niveau du groupe) ne représentent que 0,7 % au bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (EBITDA) pour le premier trimestre 2023. À titre de comparaison, en 2021, Orange Guinée dominait déjà le marché avec près de 10 millions d’abonnés et un taux de couverture de 80% du pays, devant le sud-africain (7 millions d’abonnés et un taux de couverture de 40 %). Ce qui révèle une perte progressive de parts de marché de MTN Guinée ces dernières années au profit d’Orange.
L’entrée de MTN sur le marché de la téléphonie mobile en Guinée s’est faite en mai 2006, à travers une fusion entre la société Investcom, détentrice de la société guinéenne de téléphonie Areeba, et le le groupe sud africain. Ce dernier n’a réellement jamais nourri de grandes ambitions pour capitaliser sur le succès de la junior Areeba et s’imposer sur le marché. Tout le contraire de la française Orange qui a massivement investi et réussi à ravir la vedette à tous ses concurrents en s’imposant comme le leader incontesté des télécoms en Guinée dans tous ses segments.



