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Guinée : la justice guinéenne va coopérer dans l’affaire Bolloré selon Cheick Sacko, le Garde des sceaux

Dans l’appréciation de la rocambolesque affaire de l’acquisition du port de Conakry, on ne fume pas le même calumet au sein de l’exécutif Guinéen en réaction aux allégations de corruption visant Vincent Bolloré pour «subordination d’agents publics étrangers». Si Albert Damantang Camara, le porte-parole du gouvernement Guinéen,  estime que «la concession portuaire de Conakry a…

Vincent Bolloré et Alpha Condé, une alliance passée au peigne fin par les juges français.

Dans l’appréciation de la rocambolesque affaire de l’acquisition du port de Conakry, on ne fume pas le même calumet au sein de l’exécutif Guinéen en réaction aux allégations de corruption visant Vincent Bolloré pour «subordination d’agents publics étrangers».

Si Albert Damantang Camara, le porte-parole du gouvernement Guinéen,  estime que «la concession portuaire de Conakry a été accordée dans le strict respect des lois en vigueur et déclare sans ambages que «la Guinée n’est pas concernée par ces allégations, qui n’ont aucun sens » selon  des propos  relayés par l’agence Reuters ce mardi 24 avril à Conakry, ailleurs le ton est à la prudence. 

Ainsi, Cheick Sacko, le ministre guinéen de la Justice,  a annoncé ce mercredi 25 avril 2018 sa volonté de communiquer largement sur ce dossier.  «La Guinée va collaborer avec la France  dans cette affaire», a-t-il notamment déclaré.

L’élément qui a éveillé le soupçon auprès de la justice française, c’est la sous-facturation des services de communication d’ HAVAS, dont aurait bénéficié Alpha Condé en 2010 à l’occasion de la présidentielle qui lui permettra d’accéder au pouvoir.

Ces soupçons vont plus ou moins être «confortés» lorsque dès son accession au pouvoir,  en novembre 2010, Alpha Condé va résilier le contrat qui liait la Guinée à la filiale du groupe Necotrans, Getma, qui avait un contrat de 25 ans d’exploitation du terminal à conteneur du port autonome de Conakry (PAC).

Le feuilleton judiciaire

S’ensuit alors une bataille judiciaire qui va opposer l’État Guinéen à Getma International devant la Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA), en 2014, instance de l’organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires ( OHADA) , qui va conclure  à une «rupture abusive de contrat » et  condamner la Guinée à une lourde peine puisqu’elle sera intimée de payer à Getma  38,5 millions d’euros pour dommage et intérêts.

La Guinée fera appel de cette décision, ce qui se traduira dans les faits par l’annulation de cette condamnation en décembre 2015, soit deux après l’ouverture de la bataille judiciaire entre l’État Guinéen et Getma.

 

Cependant la filiale de Necotrans ne s’avouant pas vaincue va ouvrir en 2016 un autre front contre l’État Guinéen. Cette fois-ci auprès du centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI). Ce tribunal d’arbitrage international va également juger «irrégulière la résiliation en 2011 par la Guinée de la concession accordée à Getma » pour la gestion du terminal à conteneurs du port de Conakry avec une condamnation en réparationd’ 1 million d’euro d’indemnités, contre plus d’une centaine de millions d’euros réclamés.

Durant tout le processus, la Guinée va rester intraitable dans sa logique de défense, accusant les responsables de Getma d’avoir acquis dans des conditions de corruption, la gestion du terminal à conteneurs du PAC pour justifier la résiliation du contrat et son octroi au groupe Bolloré.

Et comme par hasard, la justice française s’en mêle sept ans après l’octroi au groupe Bolloré de la licence d’exploitation du TAC du port de Conakry dans pratiquement les mêmes conditions que celui de Lomé.

Pour sûr, le feuilleton est loin de son épilogue.

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