L’agence Bloomfield Investment Corporation a confirmé la notation financière en monnaie locale de la Guinée équatoriale, maintenant le pays en catégorie investissement avec une note BBB à long terme et A2 à court terme, toutes deux assorties d’une perspective stable .
Cette décision intervient dans un contexte de reprise économique encore fragile. Après une contraction marquée en 2023, l’activité a timidement rebondi en 2024, portée par une stabilisation limitée du secteur pétrolier et un ralentissement des activités non extractives. Une dynamique qui souligne, une fois de plus, la forte dépendance du pays aux hydrocarbures et les résultats encore modestes de la stratégie de diversification engagée depuis 2019.
Sur le plan des finances publiques, les signaux restent contrastés. Les ressources budgétaires ont reculé de 15 % en 2024, sous l’effet d’une chute des recettes pétrolières, qui représentent encore 81 % des revenus de l’État. En parallèle, les dépenses ont été contenues, permettant de maintenir un déficit budgétaire limité à -0,56 % du PIB, conforme aux critères de convergence de la CEMAC.
L’endettement demeure modéré, à 33,5 % du PIB, mais la pression s’intensifie du côté du service de la dette, qui absorbe désormais plus de 71 % des recettes fiscales, un niveau jugé préoccupant dans un contexte de ressources en baisse .
Malgré ces fragilités, plusieurs facteurs soutiennent la notation : poursuite des réformes fiscales et de gouvernance, appui des partenaires internationaux (FMI, BAD), et retour progressif de la confiance des marchés, illustré par des émissions de titres publiques mieux souscrites en 2024. Le pays bénéficie également d’un regain d’intérêt des majors pétrolières, avec la renégociation de contrats d’exploration.
En toile de fond, Bloomfield alerte toutefois sur des risques structurels persistants : dépendance aux chocs pétroliers, lenteur de la diversification économique, poids des arriérés domestiques et concentration de la dette extérieure, notamment vis-à-vis de la Chine.
Le maintien de la note reflète ainsi un équilibre fragile : des fondamentaux encore suffisants pour des investissements prudents, mais exposés à une volatilité élevée liée aux cycles des matières premières.


