Les Gardiens de la Révolution, milice paramilitaire iranienne, ont annoncé samedi 28 février que le détroit d’Ormuz est fermé de facto. Cette voie stratégique constitue le premier corridor mondial de transport de pétrole : environ 17 millions de barils de brut et de condensats y ont transité chaque jour en 2025.
L’annonce intervient quelques heures après le début des frappes américano-israéliennes sur Téhéran. Ces attaques, qualifiées de préventives, ont été suivies d’une riposte massive de l’armée iranienne, visant Israël ainsi que des bases militaires américaines dans la région.
Le Koweït, l’Irak et le Qatar dépendent du détroit d’Ormuz pour la totalité de leurs exportations. L’Arabie saoudite (6,6 millions de barils exportés par jour) et les Émirats arabes unis (3,2 millions) pourraient, en revanche, détourner une partie de leur production vers la mer Rouge ou le golfe d’Oman.
Long de 161 kilomètres et large de seulement 34 kilomètres à son point le plus étroit, le détroit d’Ormuz est particulièrement vulnérable. Les voies de navigation, limitées à environ trois kilomètres dans chaque sens, permettent à l’Iran de perturber le trafic même sans déployer massivement sa flotte de guerre.
Les analystes redoutent une flambée des prix au-delà de 100 dollars le baril si cette fermeture devait se prolonger. La Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud, qui représentent ensemble 69 % des flux pétroliers transitant par le détroit, seraient les premiers touchés. L’Europe, déjà fragilisée par la crise énergétique, pourrait subir de nouveaux chocs inflationnistes majeurs



