Le remaniement gouvernemental intervenu le 1er janvier 2026 au Gabon marque un tournant politique et économique majeur avec le départ de Henri Claude Oyima du ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la vie chère. À la surprise générale, ce portefeuille stratégique échoit à Thierry Minko, dans un contexte marqué par de fortes tensions budgétaires, une pression accrue sur les finances publiques et une dégradation récente de la notation souveraine du pays par les agences internationales. Ce départ met également fin à une controverse persistante sur les conflits d’intérêts, liés au rôle prépondérant d’Henri Claude Oyima au sein du groupe BGFI et à sa fonction centrale au cœur de l’appareil gouvernemental.
Au total, neuf personnalités quittent le gouvernement dans ce remaniement d’ampleur. Outre Henri Claude Oyima, Hermann Immongault cède le ministère de l’Intérieur à Adrien Nguema Mba, Régis Onanga Ndiaye est remplacé aux Affaires étrangères par Marie-Édith Tassila-Ye-Doumbeneny, tandis que Séraphin Akure Davain quitte la Justice au profit de Augustin Emane. D’autres changements concernent notamment la Communication, les Mines, la Santé, le Logement et le Tourisme, traduisant une recomposition profonde de l’équipe gouvernementale.
Treize nouveaux entrants font par ailleurs leur apparition, dont Thierry Minko à l’Économie et aux Finances, Adrien Nguema Mba à l’Intérieur, Marie-Édith Tassila-Ye-Doumbeneny aux Affaires étrangères et Augustin Emane à la Justice. Le remaniement introduit également une innovation institutionnelle notable avec la création d’un poste de ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé du Budget, confié à Marc Abeghe, signal clair d’un renforcement du pilotage budgétaire et du contrôle de l’exécution des finances publiques.
Dans la nouvelle architecture gouvernementale, la vice-présidence de la République est confiée à Alexandre Barro Chambrier, tandis que la vice-présidence du gouvernement revient à Hermann Immongault. Plusieurs ministères clés sont reconduits ou réorganisés, notamment la Défense, l’Éducation nationale, l’Économie numérique, la Justice, la Santé et la Communication. La nomination de Thierry Minko à la tête des Finances apparaît ainsi comme l’un des actes politiques les plus structurants de ce remaniement, appelé à être scruté de près par les marchés, les bailleurs et les partenaires internationaux, alors que Libreville cherche à restaurer sa crédibilité budgétaire, maîtriser la trajectoire de la dette et répondre à la pression sociale liée à la vie chère



