Le Gabon, petit eldorado pétrolier d’Afrique centrale et peuplé de 1,8 million d’habitants, peine à asseoir sa démocratie depuis 1990, année de l’instauration du multipartisme. Ainsi, la vie politique nationale est-elle rythmée depuis plusieurs décennies par le Parti démocratique gabonais (PDG-au pouvoir), créé par feu Omar Bongo Ondimba, en 1968. L’élection présidentielle d’août 2016 s’était…
Publié le 7 juin 2018 · 4 min de lecture
18 janvier 2014. Port-Gentil(Gabon). le président Ali Bongo et Ndong Sima procédent a la coupure du ruban symbolique pour l`inauguration de l’Institut du pétrole et du gaz.
Le Gabon, petit eldorado pétrolier d’Afrique centrale et peuplé de 1,8 million d’habitants, peine à asseoir sa démocratie depuis 1990, année de l’instauration du multipartisme. Ainsi, la vie politique nationale est-elle rythmée depuis plusieurs décennies par le Parti démocratique gabonais (PDG-au pouvoir), créé par feu Omar Bongo Ondimba, en 1968. L’élection présidentielle d’août 2016 s’était déroulée sous un climat tendu. L’absence de dialogue national inclusif entre la majorité, l’opposition et la société civile, met le processus social en mal.
Le gouvernement précédent du Premier ministre Issozet Ngondet a eu grand mal à organiser les élections législatives dans les délais prévus par la Cour Constitutionnelle qui avait demandé la démission du gouvernement, et donc du Premier ministre. Ce dernier avait finalement été reconduit. Le scrutin était normalement prévu pour le 27 décembre 2016 avant d’être reporté au 29 juillet 2017, par manque de fonds, puis à fin avril 2018. Ce dernier report du scrutin était jugé très probable du fait de la situation politique dans le pays.
« Dans les années 1970, l’économie gabonaise avait été dominée par les activités forestières », expliquait un rapport publié par la Direction générale de l’économie. Une quarantaine de compagnies pétrolières, dont une douzaine opératrices, se partagent le domaine minier gabonais. Parmi les compagnies pétrolières leaders, on cite Total Gabon, Perenco, Tullow Oil, Maurel et Prom et Addax Petroleum Oil & Gas. Dans les années 1970, l’économie gabonaise avait été dominée par les activités forestières, avant que le pétrole ne prenne le relais et n’accroisse les revenus de l’Etat. En même temps, s’est amorcé un exode rural important vers les grandes villes, dont Libreville et Port-Gentil, et l’afflux des ouvriers étrangers vers le secteur pétrolier.
Un paradoxe demeure: l’Etat n’a pas assez investi durant une quarantaine d’années, privant ainsi la population des retombées du pétrole et de l’opportunité d’un nouveau départ. Or, les réserves de l’or noir s’épuisent. En même temps, sur le plan national, de profonds déséquilibres ont été engendrés par la dégradation de l’économie. L’affectation non transparente des ressources pétrolières, la non-application des mesures souhaitées par les bailleurs de fonds et la répartition inégale des revenus du pays ont créé des poches de pauvreté, de même, l’inflation et la marginalisation d’une grande partie de la population dans le pays. Pendant de nombreuses années, la mauvaise répartition de la manne pétrolière et le train de vie dépensier du gouvernement, ont ouvert la voie à l’enrichissement illicite.
Mauvaise gestion du pétrole et investissements non adaptés
Le Gabon dispose de plus de 50% des recettes fiscales et 80% des exportations qui proviennent de l’industrie pétrolière et gazière. Avec le boom pétrolier des années 70, le Gabon s’était lancé dans des investissements lourds et non rentables sur le long terme. Cette situation a entraîné non seulement la fuite des capitaux et l’enrichissement illicite de certains concitoyens, mais elle a également creusé le fossé entre riches et pauvres. Le gouvernement a finalement adopté une loi anti-corruption. La corruption est une habitude bien ancrée. Elle a atteint depuis plusieurs années les sommets du pouvoir. Bien que le phénomène soit mondial, l’arsenal juridique du Gabon ne disposait toujours pas d’une loi sanctionnant certaines formes de corruption.
Antoine L.