Que va-t-il advenir, dans les prochains mois, de l’hôtel particulier situé au 49/51 rue de l’Université à Paris, appartenant à l’Etat gabonais ? Depuis son acquisition en 2010, cette bâtisse du XVIIIème siècle ayant appartenu un temps à la famille aristocratique italienne Pozzo Di Borgo n’a toujours pas été transformé en chancellerie diplomatique comme initialement prévu par Libreville. Et pour cause. Dès 2015, l’homme d’affaires italien Guido Santullo a fait saisir par le biais de ses avocats le capital-social de la SCI 49/51 rue de l’Université (8 ème arr.), entité propriétaire des lieux, en réclamation de créances non payées correspondant à des chantiers réalisés par son groupe de BTP, Sericom, au Gabon.
Après le décès de l’homme d’affaires en 2018, le dossier a été repris par ses enfants et héritiers. Le Gabon reste à ce jour redevable de 162 millions €. La procédure est suspendue à l’examen au printemps prochain, par la Cour d’Appel de Paris, d’un recours en annulation déposé par les avocats du Gabon, ces derniers invoquant le caractère diplomatique du bien saisi. Selon les sources de Financial Afrik, une décision favorable au groupe Santullo déclencherait aussitôt la vente de l’hôtel, un éventuel pourvoi en cassation de la part de la partie gabonaise n’étant pas suspensif. Un autre créancier, Frédéric Bérenger, patron du groupe diversifié Kontinental a lui aussi préempté 6 000 parts du capital social de la même SCI en réclamation de 4,2 millions € de créances non payées relatives à un contrat de construction de 5000 résidences au nord de Libreville. Condamnée par un jugement de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), le premier du genre, le Gabon n’a toujours pas acquitté cette somme.



