Les français d’Afrique n’ont pas cédé aux sirènes de l’extrême droite
A entendre Bruno le Maire faire un parallèle entre le Rassemblement National (RN) et le Nouveau Front populaire (NFP) , on se dit que la messe est dite. Le deuxième tour des législatives anticipées convoquées par erreur politique n’auront qu’un suspens : l’extrême droite, déjà assurée de gagner, disposera-t-elle d’une majorité absolue ? Pareil scénario avait suscité un rassemblement général des démocrates lors des présidentielles de 2002 avec un seul mot d’ordre : empêcher le parti de Le Pen de prendre les rênes du pays. Plus de 20 ans, plus tard, l’on tergiverse à vouloir coute que coûte établir un parallèle entre un parti condamné pour anti-sémitisme et un mouvement critiqué par les élites dans son point de vue sur le conflit meurtrier entre Israël et le Hamas. Et si c’était sur cette question des valeurs de la démocratie et des droits de l’homme que le “ninisme” du camp Macron avait commencé ?
Aux antipodes avec la rue française, le “Ensemble “ semble jongler avec la thèse et l’antithèse, cette théorie de la double vérité qui étouffe la voix de la France comme le déplorait ici même, dans ces colonnes, Erwan Davoux, chiraquien, est candidat aux législatives dans la 9ème circonscription des Français établis à l’étranger (Maghreb et Afrique de l’Ouest).
Le déclassement de ce qui fut autrefois une grande puissance est lié avant tout à un alignement unilatéral sur les USA, puissance qui a les moyens de sa politique et la politique de ses moyens. Aussi, ces élections qui devaient être une mise au point par rapport aux thèses extrémistes sur la France “colorée “ fruit de l’histoire, qui a donné au pays la deuxième plus grande zone maritime au monde et, au moins, deux coupes du Monde de Football, se sont transformées en une surenchère vers la droite. Tout au long de la campagne c’était, entre Bardella et Attal, à qui proclamerait la promesse la plus extrême contre les migrants, les étrangers et les cités. L’on a franchi le mur de Trump.
À ce jeu là, le premier nommé, évoluant sur son terrain, a remporté la mise. L’alignement des deux discours, quasiment identiques, fait qu’on a du mal à les distinguer en Afrique et, certainement, dans ces cités difficiles, passif des 30 glorieuses. De l’autre côté de la Méditerranée, le Nouveau Front Populaire, a plus d’adeptes. Le discours Melenchonien, s’il comporte des excès, s’il n’est pas exempt d’ambiguïté comme le clament ses détracteurs, semble pour le moins proche des positions de l’assemblée générale de l’ONU sur l’Etat du monde alors que, de Bardella à Attal, il y a la tout juste la distance entre l’hongrois Viktor Orban et le néerlandais Geert Wilders, vainqueur des législatives mais qui a du renoncer à ses ambitions de gouverner après 7 mois de tractations.
Pour le moins, le vote des français vivant en Afrique n’a pas cédé aux sirènes de l’extrême droite. Que cela soit dans la dixième circonscription ou Elsa Di Méo pour le Nouveau Front populaire (NFP),arrivé en tête au premier tour avec 32,52%, devant Amélia Lakrafi , députée sortante, candidate d’ensemble (31,82% des voix) ou encore dans la neuvième circonscription oú le député sortant Karim Ben Cheikh ( 51,57 % des voix) aura à croiser le fer avec Samira Djouadi (15,70%) , le deuxième tour du 7 juillet se jouera entre le NFP et Ensemble.



