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France-Afrique: des têtes tombent à la DGSE

Bernard Emié, le  puissant directeur des renseignements extérieurs français, viré… Les déboires avec le Maroc, la non détection du coup d’Etat au Niger et la grosse bévue au Burkina Faso seraient passés par là… Outre qu’elle n’a pas été capable de détecter les signaux faibles et les indices précurseurs du coup d’Etat survenu le 26 juillet…

Bernard Emié, le  puissant directeur des renseignements extérieurs français, viré…

Les déboires avec le Maroc, la non détection du coup d’Etat au Niger et la grosse bévue au Burkina Faso seraient passés par là…

Outre qu’elle n’a pas été capable de détecter les signaux faibles et les indices précurseurs du coup d’Etat survenu le 26 juillet au Niger et qui a emporté Mohamed Bazoum, allié précieux de la France dans une zone du Sahel en mode Wagner, la Direction des renseignements extérieurs français, la DGSE, a fait preuve d’un amateurisme inexplicable en envoyant 4 de ses agents munis de passports diplomatiques se faire cueillir au Burkina Faso. Leur arrestation a jeté la consternation dans les rangs de la “piscine”, ce corps de renseignement qui cumule déboires et cécité aiguë depuis cinq ans. Profitant de ces énormes bévues, le président Emmanuel Macron a entrepris le grand ménage. 

Ainsi, le 20 décembre, le chef de l’Etat a limogé Bernard Emié, chef de cette désormais décriée Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), en marge d’une réunion du Conseil des ministres. L’influent Bernard Emié, ancien ambassadeur de France à Alger de 2014 à 201, vu comme la source à l’origine des difficultés avec le Maroc, quitte officiellement son poste ce 9 janvier. Présenté comme un spécialiste du monde arabe, il est resté peu familier avec les intrigues du continent africain.

Il s’agit d’un deuxième gros départ puisqu’en septembre dernier, l’adjoint de Bernard Emié, le général Olivier Bonnet de Payère, pompeusement qualifié en 2019 de «chef des combattants numériques » par des confrères élogieux, avait démissionné de la DGSE pour se lancer dans le privé, précisément Orange Cyberdefense.
Les deux maîtres espions d’un service qui compte 7 000 agents avaient été copieusement critiqués par Macron, le 29 juillet pour n’avoir pas vu venir au Niger.

Le cas Bernard Emié, ancien ambassadeur puis “cabinard” dans de nombreux ministères le montre bien, un bon diplomate ne peut faire en général qu’un espion moyen, souffle une source d’un cabinet d’intelligence.  La DGSE n’a pas vu l’invasion de l’Ukraine ni la rupture du contrat de fourniture des sous-marins australiens en septembre 2021. 

Pour remettre la DGSE sur les rails, le président Macron a coopté son ami personnel, jusque-là chef du contre-espionnage français (Direction générale de la sécurité intérieure – DGSI). Énarque, relativement jeune pour le poste, Nicolas Lerner, 45 ans, parviendra-t-il à mettre à niveau la DGSE par rapport à l’usage des applications (Strava utilisée souvent par les agents français ayant plutôt servi jusque-là à les faire localiser par les adversaires et les journalistes) et des outils comme les clés USB dont la mauvaise manipulation a conduit à la divulgation des plans secrets et des cartes de certains emplacements ?

A noter que nomination de Nicolas Lerner, rapporte site marocain « le Collimateur.ma », est intervenue  après les deux séances de travail qu’il a tenues il y a tout juste une semaine à Rabat, avec le patron du pôle sécuritaire marocain DGSN-DGST, Abdellatif Hammouchi. Cette visite avait été précédée, le 12 décembre à Rabat, du directeur général de la police nationale française, Frédéric Veaux.

Avec ce changement  important, Paris voudrait s’intéresser au Sahel sans passer par le prisme déformant d’une Algerie aujourd’hui discréditée par Bamako. 

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