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Forum de Davos: du m’as-tu-vuisme nécessaire

Le forum de Davos est un mas-tu-vuisme mais nécessaire pour une mondialisation à la recherche de sens. Du 15 au 19 janvier 2024, la petite ville suisse de Davos, nichée au cœur des Alpes et célèbre pour ses stations de sports d’hiver, accueillera une fois de plus le gratin mondial de l’économie et de la…

Klaus Schwab ingénieur et économiste allemand, fonde en 1971 le Symposium européen du management, organisé à Davos en Suisse, qui devient en 1987 le Forum économique mondial.

Le forum de Davos est un mas-tu-vuisme mais nécessaire pour une mondialisation à la recherche de sens. Du 15 au 19 janvier 2024, la petite ville suisse de Davos, nichée au cœur des Alpes et célèbre pour ses stations de sports d’hiver, accueillera une fois de plus le gratin mondial de l’économie et de la politique pour le Forum économique mondial. Le thème retenu « rétablir la confiance » sonne comme un voeu pieux dans un monde polarisé.

Dans cette 54ème réunion annuelle, le français Emmanuel Macron, l’ukrainien Volodymyr Zelensky et d’autres dirigeants de premier plan, y compris le premier ministre vietnamien et son homologue chinois, se côtoieront dans un cadre à la fois formel et informel. Davos, avec ses montagnes majestueuses, semble hors du temps et de la réalité. Ce forum, véritable rituel bien huilé par l’efficacité suisse, a toujours été un lieu privilégié pour les initiés du monde économique et politique. Les dirigeants africains font partie du décors. Cette année, l’on relève notamment, la présence du président zambien Hakainde Hichilema engagé dans une diplomatie de restructuration de la dette qui passe aussi par Davos. Egalement attendu, Wamkele Mene, le secrétaire général de la Zone de libre-échange continental, qui interviendra sur une fenêtre dédiée à l’Afrique, le 16 janvier entre 09h30 et 10H15 minutes. Longtemps attendu, le président nigérian, Bola Tinubu se fera représenter par son vice-président Kashim Shettima dont ce sont les grands débuts dans ce cénacle.

Avec les sourires polis de Klaus Schwab, figure emblématique du WEF, Davos apparaît comme un microcosme où se mêlent déclarations, effets d’annonce et discussions à huis clos. Mais, derrière ce rituel bien rodé, se pose la question de la pertinence et de l’efficacité d’ une telle rencontre, devenue aussi le lieu de mobilisation des ONG et des altermondialistes. Dans un monde où selon les organisateurs de la rencontre, la désinformation est considérée comme le principal risque à affronter, devançant même les conflits sociaux et les crises écologiques, quel rôle joue réellement Davos ? Ces réunions à huis clos, où engagements et promesses sont souvent sans contraintes réelles, peuvent-elles influencer positivement les grands enjeux mondiaux ? Davos semble parfois déconnecté des réalités plus dures et plus immédiates, telles que les tensions au Moyen-Orient ou les tribulations de la Cour de la Haye.

Loin des bombes de Gaza et des luttes diplomatiques, ce forum offre cependant une plateforme apaisée pour les discussions et les négociations. Les enjeux y sont cruciaux : gestion de la guerre en Ukraine, de la situation à Gaza, politique monétaire, endettement mondial… Le forum de Davos, avec ses réunions à huis clos, notamment celle très attendue des gouverneurs des services financiers, est un lieu où les puissants de ce monde tentent de tracer les lignes de notre avenir commun. Cependant, la question demeure : ces délibérations sont-elles réellement efficaces ou ne sont-elles qu’une simple vitrine, un exercice de relations publiques à l’échelle planétaire ? En dépit de ses limites, de son côté snob et de son show, Davos reste un mal nécessaire. Il offre un espace « politiquement neutre » dans un pays qui ne l’est pas moins, où les dirigeants du monde peuvent échanger, confronter leurs idées et, espérons-le, trouver des solutions à certains des problèmes les plus pressants de notre époque. Mais il ne faudrait pas oublier que les décisions prises dans les Alpes suisses doivent être enracinées dans les réalités et les besoins des populations à l’échelle globale, loin des salles de conférence luxueuses et des débats élitistes.

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