»Ce fonds sert à faire ce qu’on ne dit pas », dixit Laurent Gbagbo à l’époque de sa présidence
Par Loceni Compaoré, Ouagadougou
Les Etats au monde ou presque ont prévu dans leur architecture financière publique, des fonds politiques( fonds de souveraineté) afin de permettre aux premiers responsables des institutions régaliennes, d’être à l’abri de certains gênes. Les débats sur l’utilité et les raisons d’existence de ce fonds politique sont de retour avec la crise qui secoue le tandem Diomaye et son alter égo, Sonko.
Les deux amis ne semblent plus avoir le même point de vue une fois arrivés au pouvoir sur ces fonds politiques. Si le président Diomaye semble vouloir maintenir ce fonds, son ex-Premier ministre, lui, a dénoncé son maintien même si selon des informations, il aurait bénéficié de ce fonds de 1,7 milliards de FCFA quand il était encore à la Primature.
Dans l’opinion publique, beaucoup tentent de confondre les fonds de souveraineté aux caisses noires. Si le premier est légal et est partie prenante du budget de l’institution, le second,lui, comme on le nomme, est illégal. Alors comment comprendre le fonds politique?
L’actuel commissaire aux comptes de l’UEMOA, Philippe Nion, ancien conseiller à la Cour des comptes du Burkina, avait expliqué que le fonds de souveraineté subit un contrôle souple au regard de certaines dépenses « sensibles », exposées souvent au chef de l’État.
Il a tantôt évoqué la situation des personnes politiquement exposées comme des anciens présidents ou anciens commis de l’Etat qui peuvent se retrouver dans une situation de précarité.
» Ce n’est pas une dépense qu’on va vous présenter »
Le chef de l’État pour préserver l’image de ceux qui ont déjà servi la République, peut donc puiser dans ce fonds pour leur venir en aide.
Et il ajouta une autre ligne de dépense sensible. L’entretien d’un espion. « Ce n’est pas une dépense qu’on va vous présenter », avait-il exposé. S’il n’a pas tenté de justifier ce fonds politique, il a quand même expliqué quelques raisons de son existence.
D’ailleurs, lui-même devenu Contrôleur général d’Etat, a mené un audit sur la gouvernance de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, après la prise du pouvoir par le lieutenant-colonel Damiba. L’ancien président du Parlement sous le pouvoir Kaboré est actuellement poursuivi par la justice burkinabè pour des faits de » détournement de deniers publics ».
L’audit a concerné aussi le fonds politique dont le mis en cause disposait à l’époque et qu’il l’aurait utilisé pour des actions sociales, entre autres. Cet épisode montre aussi, comme l’avait précisé M. Nion à l’époque que ce fonds n’était pas aussi destiné à faire du « n’importe quoi ».
Les Hommes politiques ont des divergences sur l’utilité de ce fonds en fonction de leur position. Dans l’opposition, beaucoup le critiquent, et une fois au pouvoir au lieu de le réduire voire, le supprimer, au contraire, ils l’augmentent.
C’est le cas de Laurent Gbagbo dans l’opposition. Il avait critiqué ce fonds. Mais une fois au pouvoir, il ne l’a pas l’avoir supprimé. Au contraire, en quittant la presidence en 2011, son fonds de souveraineté était estimé à 70 milliards FCFA.
Quand on lui a posé la question à l’émission face aux électeurs à l’occasion de la présidentielle de 2010, il a dit ceci: » Ce fonds sert à faire ce qu’on ne dit pas », une réponse qui a marqué la campagne présidentielle.
Alassane Ouattara a aussi maintenu ve fonds politique
Son successeur Alassane Ouattara avait aussi critiqué l’utilisation de ce fonds politique par Laurent Gbagbo. Arrivé au pouvoir, son fonds de souveraineté n’a pas disparu mais a plutôt connu une augmentation.
La présidence a tenté d’expliquer cela pour des raisons de dépenses militaires, notamment le financement du renseignement et d’autres programmes de la présidence. Quoi qu’il en soit, le fonds est toujours présent dans l’architecture financière de la présidence de la république de Côte d’Ivoire.
Entre ceux qui estiment que le fonds de souveraineté devrait être supprimé, ceux qui souhaitent le voir réduit et le dernier groupe qui admet son utilité mais exige de la transparence dans sa gestion, une question demeure: A quoi servent véritablement ces fonds de souveraineté?
Loceni Compaoré
Fonds politiques#caisses noires!?
»Ce fonds sert à faire ce qu’on ne dit pas », dixit Laurent Gbagbo à l’époque de sa présidence
Les Etats au monde ou presque ont prévu dans leur architecture financière publique, des fonds politiques( fonds de souveraineté) afin de permettre aux premiers responsables des institutions régaliennes, d’être à l’abri de certains gênes.
Les débats sur l’utilité et les raisons d’existence de ce fonds politique sont de retour avec la crise qui secoue le tandem Diomaye et son alter égo, Sonko.
Les deux amis ne semblent plus avoir le même point de vue une fois arrivés au pouvoir sur ces fonds politiques. Si le président Diomaye semble vouloir maintenir ce fonds, son ex-Premier ministre, lui, a dénoncé son maintien même si selon des informations, il aurait bénéficié de ce fonds de 1,7 milliards de FCFA quand il était encore à la Primature.
Dans l’opinion publique, beaucoup tentent de confondre les fonds de souveraineté aux caisses noires. Si le premier est légal et est partie prenante du budget de l’institution, le second,lui, comme on le nomme, est illégal. Alors comment comprendre le fonds politique?
L’actuel commissaire aux comptes de l’UEMOA, Philippe Nion, ancien conseiller à la Cour des comptes du Burkina, avait expliqué que le fonds de souveraineté subit un contrôle souple au regard de certaines dépenses « sensibles », exposées souvent au chef de l’État.
Il a tantôt évoqué la situation des personnes politiquement exposées comme des anciens présidents ou anciens commis de l’Etat qui peuvent se retrouver dans une situation de précarité.
» Ce n’est pas une dépense qu’on va vous présenter »
Le chef de l’État pour préserver l’image de ceux qui ont déjà servi la République, peut donc puiser dans ce fonds pour leur venir en aide.
Et il ajouta une autre ligne de dépense sensible. L’entretien d’un espion. « Ce n’est pas une dépense qu’on va vous présenter », avait-il exposé. S’il n’a pas tenté de justifier ce fonds politique, il a quand même expliqué quelques raisons de son existence.
D’ailleurs, lui-même devenu Contrôleur général d’Etat, a mené un audit sur la gouvernance de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, après la prise du pouvoir par le lieutenant-colonel Damiba. L’ancien président du Parlement sous le pouvoir Kaboré est actuellement poursuivi par la justice burkinabè pour des faits de » détournement de deniers publics ».
L’audit a concerné aussi le fonds politique dont le mis en cause disposait à l’époque et qu’il l’aurait utilisé pour des actions sociales, entre autres. Cet épisode montre aussi, comme l’avait précisé M. Nion à l’époque que ce fonds n’était pas aussi destiné à faire du « n’importe quoi ».
Les Hommes politiques ont des divergences sur l’utilité de ce fonds en fonction de leur position. Dans l’opposition, beaucoup le critiquent, et une fois au pouvoir au lieu de le réduire voire, le supprimer, au contraire, ils l’augmentent.
C’est le cas de Laurent Gbagbo dans l’opposition. Il avait critiqué ce fonds. Mais une fois au pouvoir, il ne l’a pas l’avoir supprimé. Au contraire, en quittant la presidence en 2011, son fonds de souveraineté était estimé à 70 milliards FCFA.
Quand on lui a posé la question à l’émission face aux électeurs à l’occasion de la présidentielle de 2010, il a dit ceci: » Ce fonds sert à faire ce qu’on ne dit pas », une réponse qui a marqué la campagne présidentielle.
Alassane Ouattara a aussi maintenu ve fonds politique
Son successeur Alassane Ouattara avait aussi critiqué l’utilisation de ce fonds politique par Laurent Gbagbo. Arrivé au pouvoir, son fonds de souveraineté n’a pas disparu mais a plutôt connu une augmentation.
La présidence a tenté d’expliquer cela pour des raisons de dépenses militaires, notamment le financement du renseignement et d’autres programmes de la présidence. Quoi qu’il en soit, le fonds est toujours présent dans l’architecture financière de la présidence de la république de Côte d’Ivoire.
Entre ceux qui estiment que le fonds de souveraineté devrait être supprimé, ceux qui souhaitent le voir réduit et le dernier groupe qui admet son utilité mais exige de la transparence dans sa gestion, une question demeure: A quoi servent véritablement ces fonds de souveraineté?



