La Banque nationale d’Éthiopie a publié un projet de proclamation visant à rouvrir le marché national des assurances aux compagnies étrangères. Cette initiative ambitionne de renforcer la compétitivité du secteur, d’introduire des outils avancés de gestion des risques, de stimuler l’innovation et d’élargir l’accès à l’assurance dans un pays où le taux de pénétration reste limité à 0,3 %.
Selon le texte proposé, les assureurs étrangers pourraient créer des filiales détenues totalement ou partiellement et prendre des participations dans des compagnies locales. Toutefois, la participation d’un investisseur stratégique serait plafonnée à 40 % dans une entreprise nationale, tandis que la participation étrangère totale ne pourrait pas dépasser 49 %.
Le projet prévoit également la création d’une Autorité éthiopienne de réglementation des assurances indépendante, chargée de l’octroi des licences, de la supervision prudentielle, de la protection des consommateurs et de la mise en place d’un mécanisme de résolution pour les assureurs en difficulté.
Par ailleurs, la réforme introduit un cadre réglementaire expérimental dédié à l’innovation, un dispositif complet pour le takaful et le retakaful, ainsi qu’une nouvelle licence pour les assureurs inclusifs visant les segments encore peu couverts.
Pour rappel, le secteur des assurances en Éthiopie compte une vingtaine d’assureurs et un réassureur. En 1970, une proclamation avait imposé la nationalité éthiopienne à toutes les compagnies d’assurance opérant dans le pays, avant la nationalisation et la fusion des 13 assureurs privés en 1975 pour former un monopole d’État. Le marché a été rouvert aux compagnies privées en 1994, mettant fin à ce monopole. Plus récemment, le gouvernement a également ouvert le secteur bancaire aux acteurs étrangers en décembre 2024.



