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En Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo critique vivement le Franc CFA

Condamné en 2018 pour le braquage d’une agence de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) durant la crise post-électorale de 2011, qui a entraîné la mort de 3 000 personnes, l’ex-président ivoirien, âgé de 78 ans, s’est ouvertement opposé à cette condamnation. C’était lors d’un meeting à Agboville, situé à 70…

Condamné en 2018 pour le braquage d’une agence de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) durant la crise post-électorale de 2011, qui a entraîné la mort de 3 000 personnes, l’ex-président ivoirien, âgé de 78 ans, s’est ouvertement opposé à cette condamnation. C’était lors d’un meeting à Agboville, situé à 70 km au nord d’Abidjan, organisé par son parti, le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), le samedi 6 avril.

Bien qu’il ait été gracié par le président Alassane Ouattara, cette grâce ne l’exempte pas de sa peine de 20 ans de prison, ce qui le rend inéligible pour l’élection présidentielle de 2025.

« Je ne suis coupable ni du braquage de la banque centrale, ni de n’importe quelle banque. On parle de jugement sans même m’avoir convoqué, moi, l’accusé ? Tout le monde sait où je suis ! Et voilà que derrière mon dos… On me dit que j’ai été condamné en 2018. Comment cela est-il possible ? », a déclaré Gbagbo devant des milliers de partisans réunis à l’occasion de la 2e édition de la Fête de la Renaissance.

Il a également annoncé son intention de publier des documents pour révéler « la vérité ». En attendant, il a évoqué le sujet du Franc CFA, très discuté actuellement en Afrique de l’Ouest, en déclarant : « Le franc CFA, les gens vont finir par l’abandonner… Regardez, dans 10 ans, les pays quitteront la BCEAO les uns après les autres. Je veux me positionner… Qui est-ce qui parle derrière moi que je n’entends pas ? ».

Acquitté en 2021 par la Cour pénale internationale des accusations de crimes contre l’humanité commis pendant la crise, Laurent Gbagbo a admis avoir uniquement nationalisé des banques françaises, notamment la BICICI (une filiale de la BNP Paribas désormais cédée à un consortium public ivoirien) et la filiale locale de la Société Générale. Il a soutenu son action de vouloir transformer la succursale locale de la BCEAO en banque centrale pour l’indépendance monétaire, considérant inadmissible que la Côte d’Ivoire, responsable de 50 % de la masse monétaire régionale, dépende de Dakar. « Ce que j’ai fait est en train d’être envisagé par l’Alliance des États du Sahel (AES) », a-t-il ajouté avec ironie.

L’élection de 2025 verra probablement la candidature de Tidjane Thiam, dirigeant du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principale formation d’opposition, tandis que le président Alassane Ouattara n’a pas encore annoncé s’il briguera un quatrième mandat. Le PPA-CI envisage un plan B avec la candidature d’Ahoua Don Mello, si celle de Gbagbo est rejetée.

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