L’Afrique affiche une vitalité économique remarquable, constate le Rapport sur le commerce africain 2026, intitulé « Tirer parti de la géopolitique pour le commerce mondial et l’industrialisation de l’Afrique », publié le 21 juin 2026. Préparé par la division Recherche de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), ce document indique que la croissance du PIB réel est passée de 3,4 % en 2024 à 4,5 % en 2025. Ainsi, « le continent surpasse les moyennes mondiales ». Cette performance, portée par une meilleure gestion macroéconomique et une coopération régionale accrue, s’accompagne d’une forte modération de l’inflation et d’une hausse du commerce de marchandises, qui a atteint 1 500 milliards de dollars, témoignant d’une capacité d’adaptation exceptionnelle face à un contexte mondial complexe.
Toutefois, selon le rapport, cette embellie se heurte à une réalité persistante : le déficit de financement du commerce. Malgré la progression du commerce intra-africain, la banque met en lumière une contrainte majeure qui bride le potentiel des exportateurs : le manque de liquidités en devises étrangères et la faiblesse des relations de correspondance bancaire. En 2025, ce déficit s’élevait encore à environ 74 milliards de dollars, une barrière structurelle qui compromet directement la compétitivité des entreprises africaines sur l’échiquier international.
Au-delà de ces enjeux financiers, le rapport indique que l’Afrique évolue dans un paysage de « mondialisation décentralisée ». La fragmentation géoéconomique et l’émergence de multiples centres d’influence redessinent les routes commerciales mondiales. Si cette nouvelle donne offre des opportunités de diversification des chaînes d’approvisionnement, elle impose également de redoubler d’efforts pour combler les lacunes en matière d’infrastructures et accroître la valeur ajoutée locale, afin de ne pas rester dépendante d’un système financier et logistique parfois contraignant.
Pour les auteurs, l’Afrique se trouve à la croisée des chemins. L’industrialisation verte et l’innovation numérique constituent autant de leviers qui, s’ils sont soutenus par des réformes institutionnelles courageuses, permettront de transformer ces défis en opportunités durables. Les choix stratégiques opérés aujourd’hui seront déterminants pour les générations futures : ils définiront non seulement la capacité du continent à s’intégrer pleinement dans les chaînes de valeur mondiales de demain, mais aussi sa résilience face à l’instabilité des marchés internationaux.



