En 2025, l’Égypte s’impose plus que jamais comme le poids lourd africain des transferts de fonds, confirmant le rôle stratégique de sa diaspora dans le financement de l’économie nationale. Selon un communiqué publié le lundi 5 janvier par la Banque centrale d’Égypte, les envois de fonds des Égyptiens résidant à l’étranger ont bondi de 42,5 % sur les onze premiers mois de l’année, pour atteindre 37,5 milliards de dollars, contre 26,3 milliards de dollars sur la même période en 2024.
La dynamique est tout aussi impressionnante en rythme mensuel. En novembre 2025, les transferts ont progressé de 39,9 % en glissement annuel, culminant à près de 3,6 milliards de dollars, contre 2,6 milliards un an plus tôt. Une accélération qui traduit un retour massif vers les circuits formels de transfert, à la faveur d’une stabilisation progressive du marché des changes et d’une meilleure disponibilité des devises.
La diaspora, pilier des équilibres macroéconomiques
Ces flux constituent l’une des premières sources de devises du pays, aux côtés des recettes touristiques, des investissements directs étrangers et des revenus du canal de Suez. Leur montée en puissance renforce la balance des paiements, soutient le pouvoir d’achat des ménages, stimule la consommation intérieure et amortit les chocs inflationnistes dans un contexte encore tendu.
Pour les autorités monétaires, la performance de 2025 valide les réformes engagées pour canaliser les transferts via le système bancaire, élargir l’inclusion financière et préserver la stabilité macroéconomique. La confiance retrouvée des expatriés apparaît ainsi comme un dividende clé des ajustements en cours.
Les “Pharaons” loin devant l’Afrique
Avec 37,5 milliards de dollars transférés en 2025, l’Égypte surclasse largement ses pairs africains. Elle devance le Nigeria (21 milliards), le Maroc (12 milliards), l’Algérie (7 milliards), le Ghana (6 milliards), le Kenya (5 milliards) et le Sénégal (3,2 milliards).
À l’échelle du continent, les transferts de la diaspora africaine dépasseront 100 milliards de dollars en 2025, un volume supérieur à l’Aide publique au développement (APD) et, dans plusieurs pays, aux investissements directs étrangers (IDE). Un signal fort : pour l’Afrique, et plus encore pour l’Égypte, la diaspora n’est pas seulement un lien social — elle est une force financière structurante.



