Le groupe Ecobank Transnational Incorporated a enregistré en 2025 un bénéfice net d’environ 836 millions de dollars (près de 1 210 milliards de nairas), dans un contexte de croissance des revenus mais aussi de dégradation de certains indicateurs de risque sur des marchés clés, notamment le Nigeria.
La progression du résultat consolidé repose sur une hausse des revenus d’intérêts et des revenus hors intérêts. Les revenus hors intérêts (commissions, frais et opérations de change) ont progressé d’environ 22 % (+28 % à change constant), tandis que les revenus d’intérêts ont augmenté d’environ 24 %, soutenus par des activités de trésorerie et des opérations ponctuelles, notamment le remboursement partiel d’un Eurobond de 300 millions de dollars à 7,125 %.
Les dépôts de la clientèle ont augmenté, contribuant à l’expansion du bilan. Cette progression a permis de soutenir l’activité de crédit, même si celle-ci reste contrainte par une gestion plus prudente du risque dans plusieurs marchés.
Les charges d’exploitation ont légèrement augmenté (+3 %, +7 % à change constant), sous l’effet de la hausse des amortissements et des investissements technologiques. Mais l’élément le plus notable concerne le coût du risque : les charges de dépréciation sur actifs financiers ont augmenté de 62 millions de dollars, en lien avec une hausse des créances douteuses dans certaines activités, notamment la banque de financement (CIB).
Le cas du Nigeria illustre ces tensions. Sur ce marché, Ecobank enregistre :
- un rendement des fonds propres (ROE) négatif de -13,8 %, contre +1,1 % en 2024
- une perte avant impôt de 31 millions de dollars
- une marge nette d’intérêt (NIM) de 4,3 %
- un coefficient d’exploitation (CIR) de 67 %
- un ratio de créances douteuses (NPL) de 42,1 %, avec un taux de couverture limité à 16,8 %
Les revenus au Nigeria progressent néanmoins (+22 %), tirés par la banque de détail (CCB) et les commissions liées aux dépôts. Mais cette dynamique est neutralisée par une forte dégradation de la qualité des actifs dans la banque de financement (CIB), entraînant une hausse significative des provisions.
Les encours de crédits nets au Nigeria s’établissent à environ 1,47 milliard de dollars, tandis que les dépôts atteignent 2,53 milliards de dollars, traduisant un ratio prêts/dépôts de 62,5 %. Le volume des créances en défaut (stages 2 et 3) reste élevé, avec un poids significatif des pertes attendues (ECL), en particulier sur les actifs les plus risqués.
Au niveau consolidé, les résultats 2025 traduisent donc une configuration contrastée :
- croissance des revenus (intérêts et commissions)
- progression des dépôts
- hausse maîtrisée des coûts
- mais augmentation du coût du risque, avec des disparités selon les marchés
L’évolution future dépendra en grande partie de la capacité du groupe à contenir la dégradation de la qualité des actifs dans certains pays, tout en poursuivant la transformation de la croissance des dépôts en crédits productifs.



