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Echos et chiffres chocs des états généraux de CIMA-FANAF

Tenus à Abidjan, du 7 au 9 mars à Abidjan, les états généraux CIMA-FANAF, entre la Conférence interafricaine des marchés d’assurance et la Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines , ont prolongé les discussions, commencées à Kigali, entre les acteurs et les régulateurs. «L’arsenal juridique est bien prêt au niveau de la zone CIMA, mais…

La convergence des vues entre le secrétaire général de la CIMA, Issofa N'charé , et le président de la FANAF, Adama Ndiaye, facilite la concertation nécessaire entre acteurs et régulateurs du marché.

Tenus à Abidjan, du 7 au 9 mars à Abidjan, les états généraux CIMA-FANAF, entre la Conférence interafricaine des marchés d’assurance et la Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines , ont prolongé les discussions, commencées à Kigali, entre les acteurs et les régulateurs.

«L’arsenal juridique est bien prêt au niveau de la zone CIMA, mais il faut veiller à ce que les textes soient appliqués non seulement aux assureurs et assurés mais aussi aux investisseurs en assurance », déclare Boa Roger Johnson, directeur d’Axa Côte d’Ivoire, appelant à poursuivre la réflexion sur l’agrément unique dans le sillage de l’augmentation du capital minimum. De même, poursuit le cadre ivoirien, il y a nécessité d’avoir une adéquation entre les agréments accordés et la profondeur des marchés.

 

La plupart des acteurs présents à Abidjan ont appelé à trouver une solution contre la sous-tarification qui érode les primes et ne permet pas de faire face aux engagements. L’illustration parfaite des méfaits de cette tendance est le marché ivoirien de l’automobile. « Alors que l’on note 40 000 nouvelles immatriculations en 2017, le chiffre d’affaires de l’assurance automobile a baissé », relève Adama Ndiaye, président de la FANAF. En fait, le marché de l’automobile a en réalité  augmenté de 30%, précise un acteur du marché ivoirien, mais   sans que cela ne traduise la vigueur du marché.

 

Autres volets relevés, le règlement des sinistres (sur ce point, Adama Ndiaye appelle à une vision plus large, prenant en compte sinistres corporels et sinistres matériels), la réduction des frais généraux et la nécessité de  l’augmentation du taux de rétention des sinistres. Les participants ont aussi déploré une fiscalité parfois handicapante. Ainsi, la branche incendie est par exemple taxée à 25% en Côte d’Ivoire, ce qui est élevé. Au Mali, la taxation est de 20% sur la branche maladie, police groupe ou police individuelle, contre 3% en Côte d’Ivoire. Cette axe sur l’assurance maladie est par contre nulle (0%) au Cameroun et au Bénin. L’absence d’harmonisation fiscale est une réalité en zone CIMA.

Au delà des ajustements règlementaires, les acteurs sont unanimes sur le potentiel de développement de leur activité. L’avenir de l’assurance sera digital ou pas. Dans la zone UEMOA (Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest), l’on relève un volume de transactions de 7 200 milliards de Francs CFA en 2016 via le mobile money. En zone de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC), l’on note 4 250 milliards de FCFA de transactions via ce canal. A elle seule, la Côte d’Ivoire, enregistre 17 milliards de Franc CFA e transactions par jour. «Nous assureurs, nous ne pouvons pas laisser passer ce jackpot », a insisté  M. Johnson, rappelant les déclarations de l’expert sénéglais Victor Ndiaye, à l’ouverture des assemblées générales de la FANF à Kigali : « quand le vent souffle, certains  construisent des murs, d’autres   des moulins ».

Apportant sa contribution au débat, Jean Claude Jeanson, président de la Fédération Interafricaine des Assureurs Conseils  (FIAC), a relevé les différentes entraves qui empêchent la diffusion de l’assurance. «Le manque de confiance des populations vient du manque de communication , des écarts de tarification d’une compagnie à l’autre et de  la lenteur du règlement de sinistres ».

Parlant des intermédiaires, M. Jeanson déplore  la souplesse des conditions d’accès au métier de courtiers et la faiblesse de l’expérience professionnelle requise ». Egalement relevé par le président de la FIAC, l’absence de siège social et d’installations représentatives, l’absence de business plan et de plan d’informatisation, la facilité à obtenir la fiche d’honorabilité CIMA pour la délivrance de l’agrément et le manque de suivi des acteurs par le régulateur.

S’agissant de la participation du secteur dans le financement de l’économie, quelques faiblesses sont à relever. Le taux de participation des acteurs dans les emprunts souverains n’excède pas 17% alors que la réglementation leur accorde jusqu’à 50%, rappelle Adama Ndiaye.

En dépit de cette étonnante frilosité vis-à-vis des titres d’Etat, frilosité relevée en coulisses par Adama Koné, ministre ivoirien des Finances, les placements des compagnies d’assurance  dans les économies de la zone atteignent 2 000 milliards de FCFA en 2016 selon les déclarations du Secrétaire général de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA), Issofa N’charé, à l’ouverture des travaux des états généraux de l’assurance. Un volume honorable à rapporter au chiffre d’affaires du secteur, soit 1100 milliards de FCFA, en 2016.

 

 

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