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Dette : le Sénégal franchit l’échéance du 13 mars en réglant 471 millions de dollars à ses créanciers

Le Sénégal a honoré à temps l’échéance sensible du 13 mars 2026 sur sa dette internationale, en réglant environ 471 millions de dollars de principal et de coupons à ses créanciers, évitant ainsi tout risque immédiat de défaut. Le ministre des Finances, Cheikh Diba (photo), aux premières lignes sur cette question de la dette, a réussi à trouver une…

Le Sénégal a honoré à temps l’échéance sensible du 13 mars 2026 sur sa dette internationale, en réglant environ 471 millions de dollars de principal et de coupons à ses créanciers, évitant ainsi tout risque immédiat de défaut. Le ministre des Finances, Cheikh Diba (photo), aux premières lignes sur cette question de la dette, a réussi à trouver une solution d’autant plus inattendue qu’intervenant en dehors du désormais très attendu programme avec le FMI.

Selon des informations rapportées par Bloomberg, les autorités sénégalaises ont transféré 380 millions d’euros (environ 438 millions de dollars) aux détenteurs de l’euro-obligation arrivant à échéance en 2028, ainsi qu’environ 33 millions de dollars au titre des coupons d’une obligation libellée en dollars arrivant à maturité en 2048.

Les paiements ont été effectués via les banques dépositaires chargées de la distribution aux investisseurs, ce qui peut entraîner un léger décalage avant l’apparition effective des fonds sur les comptes des obligataires.

À Dakar, la question du paiement du 13 mars est désormais considérée comme « close », selon des sources proches du dossier, tandis que plusieurs détenteurs d’obligations indiquent attendre la réception effective des fonds dans les prochains jours.

Cette échéance intervenait dans un contexte particulièrement délicat pour les finances publiques sénégalaises. Le pays cherche en effet à relancer son programme d’assistance avec le Fonds monétaire international (FMI), suspendu depuis la découverte en 2024 d’environ 7 milliards de dollars de dettes non déclarées, dont près de 5 milliards de dette extérieure accumulée sous l’administration précédente.

Pour assurer le service de sa dette extérieure, Dakar s’est notamment appuyé ces derniers mois sur le marché financier régional de l’UEMOA, devenu une source clé de financement.

Sur les marchés internationaux, le risque souverain sénégalais reste toutefois élevé. Selon les indices de JPMorgan, les obligations sénégalaises en dollars se négocient avec des rendements dépassant de plus de 12 points de pourcentage ceux des bons du Trésor américain. L’euro-obligation 2028 s’échangeait ainsi autour de 69 centimes pour un euro, reflétant la perception de risque persistante des investisseurs.

Les analystes soulignent également que les tensions géopolitiques internationales, notamment la flambée potentielle des prix du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient, pourraient alourdir la facture énergétique du pays et peser sur ses réserves de change.

Malgré ce contexte, le paiement effectué cette semaine envoie un signal important aux marchés. Comme le souligne Anthony Kettle, gérant chez RBC BlueBay Asset Management, le Sénégal démontre pour l’instant une forte volonté de rester à jour dans le service de sa dette, un facteur clé pour restaurer la confiance des investisseurs et rouvrir la voie à un accord avec le FMI

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