Le ministre nigérian des Finances, Wale Edun, a émis lors de la réunion technique du Groupe des 24 (G-24) à Abuja, le 19 février 2026, une alerte critique sur la stabilité financière internationale. Selon le Nigéria, environ 50 % des pays à faible revenu frôlent désormais le surendettement, une situation qui exige des mesures correctives immédiates.
Le fardeau du service de la dette constitue, dit-il, aujourd’hui le principal obstacle à la croissance de ces économies en développement. M. Edun a révélé un déséquilibre structurel alarmant : les paiements annuels consacrés au remboursement de la dette par les pays du Sud surpassent désormais les flux combinés de l’aide publique au développement (APD) et des investissements directs étrangers (IDE) en provenance du Nord. Ce transfert net de ressources limite drastiquement les marges de manœuvre budgétaires nécessaires au financement des infrastructures et des services sociaux de base.
Aux dires du ministre, l’accès aux financements extérieurs s’est également durci, avec environ 25 % des économies émergentes désormais exclues des marchés internationaux de capitaux. Face à ce tarissement des sources de financement traditionnelles, le ministre a insisté sur l’impératif de mobiliser davantage de ressources internes. Cette stratégie de résilience devient vitale pour compenser l’incapacité des pays vulnérables à lever des fonds sur les places financières mondiales dans des conditions soutenables.
Enfin, l’efficacité des échanges économiques au sein du G-24 est entravée par des barrières logistiques et financières. Le gouverneur de la Banque centrale du Nigéria (CBN), Olayemi Cardoso, a souligné que les paiements transfrontaliers entre les pays membres restent excessivement lents et coûteux. Cette inefficacité transactionnelle freine l’intégration économique régionale et alourdit les coûts opérationnels pour les entreprises, rendant urgente une réforme des systèmes de paiement pour fluidifier la coopération Sud-Sud.



